Affiche du film  Transformers 3 : La face cachée de la lune
© Paramount Pictures

Transformers 3 : La face cachée de la lune

Version en français
v.o.a. : Transformers: Dark of the Moon
28 juin 2011

Comme un enfant avec ses jouets

Photo Par Karl Filion

Alors que le premier film était, toutes proportions gardées, un film d'action honnête avec quelques bonnes idées scénaristiques et un flair visuel intéressant, le deuxième volet s'était avéré être une parodie de film d'action ridicule, enfantine et vulgaire, qui a bien failli gâcher complètement cette franchise pourtant bien lucrative. En fait, l'intérêt du public n'a jamais été remis en question; c'était la logique interne du projet, son concept, qui chancelait : on peut briser toutes les lois de la vraisemblance dans un film de fiction, tant qu'on le fait avec sérieux. Or, Michael Bay et ses acolytes ont pris des raccourcis puérils qui poussaient l'anthropomorphisme à ses extrêmes limites (des testicules de robots) et qui rendaient leur démarche ridicule. De l'action, des robots parlants, des fusils, des femmes, on veut bien, mais pas à n'importe quel prix.

Ce troisième volet se situe quelque part entre les deux; plus près de ce qui avait fait le succès du premier film mais toujours avec cet aspect « grand public » qui veut tant intégrer les enfants en proposant un humour naïf qui rate complètement sa cible. L'ennuyante recherche d'emploi de Sam, tout comme l'exil des robots ou le risible « collaborateur » des méchants, viennent miner sérieusement la crédibilité d'un projet qui en manquait déjà.

Il n'y a pas un semblant d'histoire, mais ça, tout le monde le savait. Est-ce vraiment une bonne idée? Ne pas savoir d'où les personnages proviennent, qui ils sont (même en surface), nous empêche de nous lier émotivement à eux, si bien que, quand ils sont en danger, non seulement on sait très bien qu'ils vont s'en tirer, mais en plus, on s'en fout... Si on avait vu l'ampleur de leurs efforts (et si leur survie n'était pas qu'imputable à une accumulation de coups de chance...) on apprécierait sans doute leur lutte acharnée. Super 8 avait superbement illustré ce phénomène il y a quelques semaines.

Les effets spéciaux sont comme toujours assez réussis et assez nombreux, mais ils deviennent vite redondants. Des explosions, missiles et autres armes lourdes (aparté : à quoi peut bien servir une arme de poing contre un robot de trois étages de haut?) et des voitures qui se transforment en robots extra-terrestres intelligents, ça reste exactement ce que c'est et rien de plus, depuis trois films exactement, qui ont d'ailleurs la mauvaise habitude d'être beaucoup trop longs (150 minutes encore une fois). Vu que la complexité du récit est, disons, relative, et qu'on n'a pas besoin de décortiquer l'intrigue (c'est inutile il paraît), pourquoi perdre tant de temps avec des sous-histoires sans intérêt?

Mais on doit souligner que l'effort est beaucoup plus crédible qu'avec Revenge of the Fallen et que Dark of the Moon, même si on l'oublie instantanément après l'avoir vu, ne donne pas l'impression de voler ses spectateurs; l'offre est généreuse et les effets spéciaux n'ont certainement pas à rougir, tant en quantité qu'en qualité. Mais on s'obstine à croire qu'on doit traiter sérieusement tous les sujets, qu'ils soient comiques ou dramatiques, multimillionnaires ou fauchés, et pour ça, il faudra continuer à espérer. Vous remarquerez qu'on n'a même pas parlé de Shia Labeouf ou de Rosie Huntington-Whiteley... ça ne servirait à rien.

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Photo Karl Filion

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