Affiche du film  Toutes nos envies
© Métropole Films Distribution

Toutes nos envies

Version originale en français
14 mars 2012

Justicière des temps modernes

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Toutes nos envies s'avère généralement assez convenu, très conventionnel dans sa manière d'amener le sujet, tant techniquement que narrativement. Une juge française, baignée par une soif de justice inexorable, décide de porter main forte à la mère d'une amie de sa fille qui croule sous les dettes et ne peut rembourser les institutions bancaires qui lui avaient laissé croire à des emprunts aux intérêts minimaux. Et comme la vie ne fait rarement de cadeau (et comme le cinéma a - trop souvent - besoin de drames éléphantesques), la bonne samaritaine apprend, au cours de son enquête, qu'elle a une tumeur au cerveau et qui ne lui reste que quelques mois à vivre.

Les prémisses de cette histoire sont immenses et peu subtiles, comme s'il fallait que la protagoniste soit atteinte d'une maladie mortelle pour rendre la cause qu'elle défend - l'endettement des moins fortunés - méritante. Heureusement, le scénario est construit de manière à ne pas appuyer trop fermement sur la détresse du personnage principal et sur sa situation affligeante. On en parle, bien évidemment, pour attirer la sympathie des spectateurs, mais le désir de faire régner la justice dans une société inégale reste la thématique principale. Bien entendu, on se fait un plaisir de nous opposer sans détour l'absence d'emprise que nous avons sur la maladie, que même un juge, personne représentant la loi, ne peut y échapper, mais on n’insiste guère.

Marie Gillain et Vincent Lindon, qui incarnent respectivement la juge malade et un de ses confrères qui l'aide dans ses résolutions rédemptrices, font bonne figure à l'écran. Si Gillain est parfois d'une intensité disproportionnée, Lindon reste pudique et sincère dans son interprétation. Amandine Dewasmes est aussi fort crédible dans le rôle de la femme qui se fait flouer par des instances plus puissantes qu'elle.

La réalisation de Philippe Lioret, à l'image du récit, est assez classique. Le cinéaste laisse toute la place à l'histoire et se cache derrière une caméra observatrice. On sent qu'on veut faire réfléchir le public sur la situation des prolétaires en France. Ce n'est pas par les images qu'on achemine le message, mais davantage par les paroles, par les gestes concrets des protagonistes. La sobriété de la mise en scène apporte une honnêteté qui nous permet de nous attacher à cette femme forte et déterminée, exemple indéniable de courage et de fierté dans notre société individualiste.

Toutes nos envies ressemble à un film d'une quelconque série « histoire vraie » qui passe à la télévision le dimanche après-midi et qu'on se surprend à écouter, qui nous intrigue, nous retient, malgré ses propositions relativement simplistes. Mais attention, Toutes nos envies ne plonge pas dans un mélodrame désarmant comme tant d'autres avant lui ayant traité de la maladie et de l'équité entre les classes. Philippe Lioret réussit à flotter habilement entre tragédie et optimiste de manière à intriguer son spectateur et lui donner l'envie de connaître la conclusion de ses desseins.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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