Affiche du film  Tout ce que tu possèdes
© Les Films Séville

Tout ce que tu possèdes

Version originale en français
1 novembre 2012

Notre monde

Photo Par Karl Filion

Il suffit de parler quelques minutes avec Bernard Émond pour comprendre à quel point c'est un homme d'une grande pertinence et d'une grande cohérence. Le réalisateur de La neuvaine, de Contre toute espérance et de La donation, transmet cette cohérence au cinéma québécois, à travers sa filmographie, son cinéma « d'auteur » - pourtant tout à fait accessible - aux sujets jamais limités par l'actualité et pourtant toujours habilement ancrés dans la réalité québécoise. Tout ce que tu possèdes est tout à fait dans cette lignée.

Cette lignée de films pertinents, efficaces au niveau narratif, mais aussi éloquents au niveau de la signification, de la justesse de l'observation sociale. Les acteurs, Patrick Drolet et la recrue Willia Fernand-Tanguay, sont crédibles et efficaces, comme l'est d'ailleurs le réalisateur, qui filme habilement la ville de Québec jusqu'à l'intégrer à l'histoire. Il insère d'ailleurs efficacement plusieurs flashbacks explicatifs qui viennent mieux définir les actions des personnages. On prend plaisir à les découvrir, car leurs réactions nous semblent plausibles et humaines, un mot-clé dans l'oeuvre de Bernard Émond.

Voilà un film qui aurait pu être tellement d'autres choses qu'il est, sans doute avec un résultat beaucoup moins convaincant; Tout ce que tu possèdes n'est pas un film où un fils exauce les dernières volontés de son père mourant, ni un film où l'amour d'un père pour sa fille qu'il n'a pas connue surmonte tous les obstacles lorsqu'ils se retrouvent. C'est un film crédible - à une exception près -, plus réaliste que ces mélodrames habituels, amusant, et porté par des acteurs bien dirigés.

L'exception près, c'est le rapport qu'ont les personnages secondaires avec celui, central, de Pierre Leduc, qui ne cesse d'envoyer des signaux évidents de détresse suicidaire. Aucun d'eux n'intervient, ce qui d'un côté ajoute une beauté tragique à ses gestes, et qui pourrait bien se rapprocher le plus de la réalité. Encore un film que ce film n'est pas : le sauvetage in extremis d'un ami déprimé.

Et au fond, c'est pour le mieux. Car le film qu'il est, de toute évidence, est engageant, amusant et crédible. Il s'élève au-dessus de l'anecdote pour s'adresser au plus grand nombre, et pas simplement raconter « une » histoire, celle de personnages spécifiques n'ayant aucun écho dans leur monde. Ce film parle de notre monde. Il suffit de parler quelques minutes avec Bernard Émond pour voir sa pertinence et sa cohérence. À défaut, il suffit de voir ses films.

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Photo Karl Filion

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