Affiche du film  The Town
© Warner Bros. Canada

The Town

Version originale en anglais
17 septembre 2010

Dans les villes

Photo Par Karl Filion

Cette deuxième proposition de Ben Affleck à titre de réalisateur a plusieurs qualités. Un scénario riche (peut-être même trop) avec des personnages intéressants (peut-être même trop) et une facture classique maîtrisée (juste assez). Affleck, homme de cinéma intelligent, sait ce qu'il doit faire pour réussir, et il le fait. C'est aussi un film qui a beaucoup d'ambition (sans doute trop). Deux ou trois enlevantes scènes d'action ne parviennent pas à faire oublier entièrement les quelques mièvreries romantiques d'un récit affligé de plusieurs longueurs et inégalités.

Doug et ses acolytes sont natifs d'un quartier chaud de Boston où la criminalité est omniprésente. Devenus braqueurs de banque, ils prennent un jour en otage la gérante d'une succursale, Claire, qu'ils libèrent suite au vol. Traumatisée, la jeune femme refuse de parler au FBI. Afin de la surveiller, Doug la séduit et débute avec elle une relation amoureuse. Alors que ses employeurs l'obligent à effectuer un autre vol et que le FBI est à ses trousses, Doug essaie de s'en sortir pour s'échapper avec Claire.

Le récit propose de suivre le destin de plusieurs personnages riches et très mystérieux. On dirait le premier épisode de la première saison d'une grande série policière destinée à la télévision. Alors que le récit propose en premier lieu plusieurs pistes intéressantes, il n'a d'autre choix que de les abandonner pour se conclure, après 124 minutes qui paraissent longues. On devine assez aisément qui va s'en tirer et qui va y rester; c'est l'évidence même. Les bons et les méchants, ça fonctionne aussi à l'envers. La rédemption, c'est aussi pour les héros qui sont des criminels. On n'a qu'à trouver d'autres méchants à détester davantage. Même la figure de loi devient l'ennemi. Quel mécanisme étrange, illustré brillamment par The Town.

On n'arrive pas à voir un personnage derrière Ben Affleck, l'acteur, qui aurait peut-être dû se concentrer sur la réalisation. On reconnaît Rebecca Hall et Jeremy Renner, et même si leur interprétation est crédible - disons « professionnelle » - on n'adhère pas facilement à la proposition « réaliste » de cet univers de haute-criminalité. On ne voit pas au-delà de l'acteur. Et Jon Hamm sera toujours Don Draper de Mad Men, même habillé à la mode, même avec une barbe un peu rugueuse, et on ne croit jamais à son personnage. Qu'est-ce que le séducteur de New York fait à Boston, cinquante ans trop tard, avec un badge du FBI?

Les ambiances sont pourtant très bien maîtrisées par Ben Affleck, le réalisateur. Une enlevante scène de poursuite dans les rues de la ville est digne des meilleurs films hollywoodiens, et de la même manière les braquages sont palpitants, grâce à un montage particulièrement savant.  Et il est toujours agréable de voir des gens talentueux (même si ce sont des criminels) prendre les moyens pour atteindre leurs objectifs. Malheureusement, la finale s'étire inutilement dans une surenchère de quétaineries qui détonnent avec l'ambiance plus virile proposée plus tôt. Mais l'humour savamment parsemé à travers le récit séduit véritablement.

The Town n'est certainement pas un échec. C'est même un film qui propose de très belles choses, qui est fait avec un talent apparent et qui laisse présager un bon potentiel. Affleck doit simplement resserrer un peu son récit et réduire ses ambitions; inutile d'en faire trop, il faut plutôt se concentrer à bien faire ce que l'on fait. Mais son film est réussi, la plupart du temps. Seul véritable irritant : les maudits Bruins de Boston...

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Photo Karl Filion

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