Affiche du film The Time Traveler's Wife
© Alliance Vivafilm

Le temps n'est rien

Version en français
v.o.a. : The Time Traveler's Wife
14 août 2009

Par delà le temps

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Pour soutirer des larmes aux mélancoliques de ce monde, Hollywood a su exploiter l'amour de multiples façons; par delà la mort avec P.S. Je t'aime, par delà la maladie avec Les pages de notre amour, par delà la condition humaine avec La cité des anges et maintenant, par delà le temps avec Le temps n'est rien. Ce dernier film, quoi qu'un peu moins bien réussi que les trois autres (un peu plus décousu du moins) témoigne d'une montée dramatique efficace en plus d'être soutenu par un jeu d'acteurs honnête et émouvant.

Un libraire de Chicago, Henry, a une maladie génétique étrange qui le fait voyager dans le temps. Un jour, il rencontre une femme, Claire, qui lui dit tout connaître sur sa vie et sa condition. Apparemment, il l'aurait déjà rencontrée lorsqu'elle n'avait que six ans dans le pré derrière la maison de ses parents. Henry est bouleversé mais ne peut que croire cette jeune femme si convaincue de ce qu'elle avance. Il s'éprendra rapidement de cette dernière et se réjouira de ne plus être seul pour traverser l'existence. Mais bientôt, Claire trouve difficile d'aimer un homme qui ne peut jamais promettre d'être présent pour elle.

Eric Bana et Rachel McAdams forment un couple éloquent. Les acteurs sont authentiques et nous entraînent sans problème dans cette histoire d'amour qui frise souvent la déraison. Brooklynn Proulx, qui interprète Claire à l'âge de six et huit ans, est éblouissante. Bien qu'elle n'apparaît à l'écran qu'à de rares occasions, elle attire l'attention et la sympathie par son jeu vrai et ingénu.

Les films qui osent se hasarder dans l'avenue du continuum espace-temps risquent fortement de confondre le spectateur. Bien évidemment, le voyage dans le temps du protagoniste n'est qu'un prétexte à la romance, mais pour croire en la plausibilité d'une histoire d'amour, il faut du moins comprendre le contexte dans lequel elle évolue. Eric Bana apparaît à des âges variés au cours du récit, mais la seule chose qui peut permettre au public de distinguer la vieillesse de ce dernier sont quelques cheveux gris qui couvrent sa nuque aux alentours de 40 ans. Donc difficile de situer le personnage principal, difficile de déterminer si on a affaire à un jeune candide ou à un sage quarantenaire.

Certaines extravagances liées au récit nuisent parfois considérablement au bon déroulement de la narration. Le fait qu'un homme puisse voyager dans le temps mais que ses vêtements ne le puissent pas ou qu'une petite fille de six ans s'adresse sans crainte à un homme nu derrière un buisson qui dit être un voyageur du temps sont des détails nuisibles qui peuvent aisément faire décrocher le spectateur pourtant enjôlé par une intensité dramatique bien menée tout au long du récit.

Le temps n'est rien est une histoire d'amour compliquée racontée simplement. Bien qu'une certaine confusion habite presque l'intégralité du film, la singularité du récit et la justesse du jeu des acteurs font réaliser que, pour quelques bons moments de cinéma, 108 minutes, ce n'est rien.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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