Affiche du film  The Lone Ranger : Le justicier masqué
© Walt Disney Pictures Canada

The Lone Ranger : Le justicier masqué

Version en français
v.o.a. : The Lone Ranger
3 juillet 2013

La traversée du désert

Photo Par Karl Filion

Johnny Depp retrouve Gore Verbinski (son acolyte de Pirates of the Caribbean) pour The Lone Ranger, un projet chapeauté par Disney qui a connu toutes sortes de rebondissements et de retards avant de finalement voir le jour et de prendre l'affiche cette semaine. Au-delà des considérations monétaires (on estime le budget du film à plus de 250 millions $, sans compter le marketing), il y a le nombre élevé de scénaristes et de producteurs de toutes sortes (ce n'est jamais bon signe) et le fait que Depp commence un peu à se parodier qui risquaient de nuire au projet. Disons que les craintes se sont avérées.

The Lone Ranger est un long métrage confus, apparemment trop ambitieux, qui n'arrive pas malgré d'énormes efforts à trouver un humour qui convient, pas plus qu'à cerner un personnage principal (ce devrait être John Reid, le héros américain, mais la « vedette », celui qui attire les foules, c'est Johnny Depp). L'histoire se perd en plus dans de nombreux détours qui allongent inutilement un récit trop classique, qu'on essaie de vivifier à travers un humour actuel, ce qui ne fonctionne que très rarement.

On pourrait également croire que le sceau Disney signifie cinéma grand public et parfait pour toute la famille. Mais The Lone Ranger est par moments assez violent, parfois même tragique, et à 2h29 minutes disons qu'il est difficile d'imaginer que les jeunes enfants resteront sagement assis jusqu'à la fin. Mais si ce film, autrement assez inoffensif et prévisible, ne s'adresse pas aux enfants, comment expliquer les nombreux raccourcis narratifs simplistes qu'il prend? Le public est ici très mal défini, et ce flottement rend le film redondant et souvent ennuyant.

Les revirements ultra-prévisibles d'une intrigue elle-même bâtie sur des lieux communs (le chemin de fer, la guerre contre les Indiens) ne viennent qu'alourdir et allonger le récit qui n'en finit plus de finir. Si bien que quand arrive enfin le dénouement, qui est satisfaisant malgré tout, il est trop tard pour que la tension soit suffisante, malgré tous les efforts du réalisateur qui tente de dynamiser les séquences avec un montage ampoulé et une musique grandiloquente. Du travail artisanal conscient et, au fond, bien exécuté, mais qui ne transmet pas grand-chose à travers l'écran.

On pourrait dire la même chose de Depp et d'Armie Hammer, qui sont des acteurs tout à fait capables et compétents, mais qui sont rarement véritablement convaincants vu le contexte et le ratio humour/action vraiment déficient. Les nombreux acteurs secondaires talentueux (Tom Wilkinson, William Fichtner, Barry Pepper et Helena Bonham Carter) sont également soit sous-utilisés, soit simplement inutiles.

Ce sont véritablement les longueurs qui minent ce Lone Ranger. Mieux resserré, mieux construit, le film serait déjà bien plus palpitant, et surtout plus accessible à un large public. Les quelques scènes d'actions sont bien travaillées, elles sont seulement trop dispersées. Dans un contexte où la majorité des blockbusters parviennent à mélanger action, humour, effets spéciaux et s'adressent tout de même à de larges publics, The Lone Ranger risque de faire bien pâle figure cet été.

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Photo Karl Filion

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