Affiche du film Terre perdue
© Universal Pictures

Terre perdue

Version en français
v.o.a. : Land of the Lost
4 juin 2009

Ouais, perdue...

Photo Par Karl Filion

On se n'étonnera pas d'apprendre que Terre perdue a déjà été une série-télé pour enfants. On aurait pu croire aussi facilement que c'était un manège dans un parc d'attractions, parce que le niveau des blagues ne s'en élève jamais, pourtant non, pas encore, même si ça ne saurait tarder. Ce n'est qu'une question de temps, et ce sera probablement bien plus amusant que cette pseudo-aventure cheap qui manque de rythme et de sérieux. L'humour et le divertissement, contrairement à la croyance populaire, c'est sérieux.

Le Dr. Rick Marshall est la risée de la communauté scientifique depuis qu'il prône une théorie pour le moins farfelue sur les voyages temporels et spatiaux. Après quelques erreurs de parcours, il trouve un nouvel espoir en une jeune étudiante de Cambridge fascinée par ses travaux. Avec elle et le rustre propriétaire d'une petite attraction, ils voyagent jusqu'à une contrée où les dinosaures et les hommes primitifs côtoient une race d'extra-terrestres. Pour rentrer chez eux, les trois compagnons devront faire confiance à un extra-terrestre en tunique.

Le mélange incongru du temps et de l'espace ouvre la porte à toutes les folies et toutes les absurdités. Les possibilités ne sont pas qu'infinies, elles sont exponentielles, mais malheureusement les scénaristes de cette aventure farfelue ont cru bon miser sur les insectes et les dinosaures presque exclusivement. S'adressant surtout aux enfants, les blagues sont très physiques et misent énormément sur les simagrées de Will Ferrell, qui passe beaucoup de temps à se sauver et à se ridiculiser. Il y a assez de bonnes blagues pour s'amuser, surtout de la part de Danny McBride, mais elles ne volent pas très haut. Les créateurs ont même pensé que quelques blagues sexuelles de mauvais goût étaient appropriées pour les enfants qui riront des blagues de pipi et de LSD du reste du film. Mauvais registre. La naïveté volontaire de Ferrell a ses quelques bons moments, grâce au dynamisme intermittent de la réalisation, qui s'avère autrement prévisible. Quand même on peut prévoir les plans de caméra, on est dans le préfabriqué pas à peu près.

Le scénario a bien quelques bonnes idées imprévisibles (donc quelques surprises), mais il ne peut les tenir (euh... enfiler un costume d'extra-terrestre pour infiltrer le groupe?). Il se sent donc obligé de trouver une explication complètement loufoque pour que l'histoire progresse. Il prend quand même une pause pour que Ferrell et ses potes se gèlent au fruit exotique. Ce sont ces à-côtés qui sont le plus divertissants, puisque la trame principale est d'un ennui mortel et s'avère complètement inutile. Même les effets spéciaux sont de piètre qualité.

Un film d'été qui s'adresse aux enfants et aux adultes en même temps, ça donne souvent un film d'été qui est ennuyant pour tout le monde. Bien sûr, Ferrell est toujours habile pour faire rire, mais on le préfère plus honnête, plus vrai, peut-être plus convaincu du potentiel du projet dans lequel il s'est embarqué. Ici, on verrait mieux un manège, au moins on aurait des sensations fortes.

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Photo Karl Filion

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