Affiche du film  Tammy
© Warner bros. Canada

Tammy

Version en français
v.o.a. : Tammy
2 juillet 2014

Hold up

Photo Par Karl Filion

Depuis sa prestation remarquée dans BridesmaidsMelissa McCarthy est une des actrices et humoristes américaines les plus populaires. Tammy, un film la mettant en vedette et réalisé par son mari, Ben Falcone, mise presque exclusivement sur sa célébrité et l'amour que lui porte le public. Elle est de toutes les scènes, multipliant les numéros et les sketchs, au centre de tout. McCarthy est une des rares célébrités obèses dans un star-système où règne le culte de la minceur - mais qui est pourtant nourri par une population composée d'un tiers de citoyens obèses -, il ne faut donc pas s'étonner que son succès soit lié à un fort sentiment d'identification et qu'Hollywood veuille en profiter.

Malheureusement, Tammy est une catastrophe en tous points. Comédie légère sans innovation, le long métrage multiplie les lieux communs et les blagues prévisibles (qui misent souvent sur le dégoût), ne met en vedette aucun personnage attachant et ne parvient même pas, malgré des efforts évidents, à proposer un regard éclairant sur la séduction chez les personnes obèses. Lorsque pointe une réflexion intéressante, il est déjà trop tard, le film est terminé (non sans une accumulation de faux dénouements frustrante). À ce moment-là, le constant est sévère : on n'a pas ri une seule fois.

Déjà que la construction sous forme de sketchs humoristiques réduit grandement l'efficacité narrative du film (les péripéties ne suivent pas une courbe dramatique intéressante ou cohérente et les quelques « leçons de vie » que propose le film sont en fait des exposés oraux sur divers sujets de l'acceptation de soi et des autres et sur l'alcoolisme), les personnages ont la profondeur psychologique d'un morceau de poulet frit. Les mésaventures, toutes forcées dans le scénario qui est en plus très relâché, sont forcées et plaquées, sans que cela ne se traduise en moments humoristiques.

Excepté McCarthy, la très grande majorité des personnages ne sert que de faire-valoir; ils sont tous jetables, ne servent qu'à un sketch ou une scène et sont oubliés aussi rapidement qu'ils sont arrivés. Cela met tout le poids du film sur les épaules de McCarthy, qui a déjà été plus inspirée, quoiqu'elle fait le même numéro d'ours mal léché que dans The Heat. Il y a déjà quelques temps que Susan Sarandon ne s'intéresse plus à ses personnages et à ses projets, mais la présence de Mark Duplass, d'Allison Janney et de Toni Collette dans ce foutoir est beaucoup plus difficile à expliquer.

La réalisation anonyme de Falcone ne sauve rien, bien au contraire, et au final Tammy est tout simplement sans intérêt. S'il fallait en rajouter - non, pas vraiment - le long métrage souffre de graves problèmes de rythme, ce qui pourrait bien expliquer pourquoi ses quelques gags bien écrits ne fonctionnent pas non plus. On parle souvent du « rythme » de la comédie et de son complexe équilibre, voilà un film qui illustre exactement quoi ne pas faire.

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Photo Karl Filion

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