Affiche du film  Take This Waltz : Une histoire d'amour
© Métropole Films Distribution

Take This Waltz : Une histoire d'amour

Version en français
v.o.a. : Take This Waltz
v.o.a.s.-t.f. : Take This Waltz
28 juin 2012

Oh I want you, I want you, I want you

Photo Par Karl Filion

Ce serait (un peu) malhonnête de dire que Take This Waltz est le pire film de l'année jusqu'à présent. Ça ne serait peut-être pas faux, mais ce serait de mauvaise foi, considérant le manque d'ambition de certains autres films qui sont tout aussi mauvais et qui en plus n'ont rien à proposer. Mais on peut très bien dire que Take This Waltz est le film le plus raté de 2012; long, incohérent, aride et même prétentieux, voilà qui est pour le moins inattendu de la part de la réalisatrice du très senti Away From Her, la Canadienne Sarah Polley. Mais il faut se rendre à l'évidence (et on n'aime pas particulièrement ça) : voilà un ratage de première qualité.

Dans un film aussi près de ses personnages, où ils sont si essentiels, il est dommage impardonnable qu'ils soient si peu crédibles. Leurs motivations et leurs obligations, toujours obscures, sont laissées dans un flottement (« artistique? ») par la réalisatrice, qui semble s'identifier à son héroïne, mais à personne d'autre; elle lui démontre beaucoup d'empathie alors qu'elle délaisse complètement les personnages secondaires, dont - le plus ridicule de tous - celui d'une soeur alcoolique qui viendra bouleverser maladroitement une finale qui s'étire et qui s'étire et qui tombe dans la morale de biscuit chinois...

Sans compter ces personnages masculins impossibles, qui ne ressemblent à rien; ces personnages qui ne parviennent jamais à ancrer l'histoire autour d'une femme qui se cherche. Le cinéma se nourrit de questions et d'errances existentielles, certes, mais il se nourrit aussi d'humanité et d'émotions, et il n'y en a pas dans Take This Waltz. Il y a de l'élégance, de la jolie musique, du style (et un vidéoclip), mais c'est tout. Il y a des symboles, aussi, si maladroitement appuyés qui deviennent vite lassants.

Ce style qui prend d'ailleurs une éternité à s'assumer; veut-on rêvasser doucement avec le personnage? Rire de bon coeur de sa relation de couple avec la bouille amusante de Seth Rogen? Ou s'émouvoir de l'histoire d'amour impossible avec le voisin d'en face? Aucune de ces réponses. On veut seulement s'extirper au plus vite de cette suite de dialogues vides et redondants et de cet amalgame de « coïncidences » quétaines et d'incohérences frustrantes (comment un chauffeur de « rickshaw »/artiste non-assumé peut-il se payer un tel loft?). Et une simplicité humaine franchement décevante : le bonheur en amour, c'est de faire des trips à trois?

Le constat est peut-être bien simple : trop écrit. Voilà le type de film où le mari désintéressé travaille à un livre sur la cuisson du poulet. Qu'allait chercher sa soeur alcoolique lors de la finale? Une boîte remplie de poussins. C'était sans doute bien amusant à l'écrit, et les gens qui y ont réfléchi ont sans doute apprécié, mais ils ont oublié de ressentir. De la même manière que le personnage de Margot est constamment hors focus; impossible de la saisir (cela doit démontrer son trouble intérieur, duh!). C'est l'histoire d'une femme qui prétend « avoir peur d'avoir peur »... La liste s'étire encore longtemps. Appuyé vous dites?

In some highway where love's never been.

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Photo Karl Filion

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