Affiche du film
© Dreamworks

Sweeney Todd : Le diabolique barbier de Fleet Street

Version en français
v.o.a. : Sweeney Todd: The Demon Barber of Fleet Street
20 décembre 2007

À gorge déployée

Photo Par Karl Filion
Tim Burton retrouve Johnny Depp et Helena Bonham Carter pour un autre film aux tons sombres et aux thèmes sanglants : vengeance, trahison et barbier sanguinaire. Pour être sûr qu'ils ne tombent dans la monotonie et dans la facilité, ils s'attaquent à une comédie musicale de Stephen Sondheim, une idée audacieuse d'autant que Depp, même s'il a pris des leçons avec Vanessa, n'est pas un chanteur. Pas vraiment de défauts majeurs et facilement identifiables, mais une déception quand même.

Après quinze ans d'exil, le barbier de Fleet Street est de retour à Londres afin s'assouvir sa vengeance. Sweeney Todd se lance à la poursuite du juge Turpin, qui l'a injustement condamné et qui élève sa fille depuis. En éliminant un à un tout ceux qui se dressent sur sa route, il élabore un plan machiavélique avec Mrs. Lovett, la dame qui cuisine les pires pâtés de Londres tout juste sous son salon.

Très, très long à se mettre en marche, le film de Burton porte sa signature dès le départ. Les rues et ruelles de Londres sont glauques et d'une noirceur abyssale, qui oublie presque que sans lumière, il ne peut y avoir d'ombre. Opaque, donc, ces premières vingt minutes d'un film musical qui est une comédie maladroite où les gags cyniques ratent souvent, où il manque de rouge, et dans laquelle il devient très difficile de s'engager émotivement.

Johnny Depp défend adéquatement, tout au plus, un personnage principal qui aurait gagné à être davantage stylisé par des costumes flamboyants. Invisible, recroquevillé sur lui-même, il devrait pourtant percer l'écran et attirer l'attention à chaque moment. Il se fond dans le paysage, ne détonne pas assez, n'est pas à la hauteur de ce que devrait être un personnage principal (qui donne en plus son nom au film!). Quand ils partagent l'écran avec lui, Alan Rickman et Sasha Baron Cohen lui font de l'ombre, lui volent la vedette. Il faut dire que le scénario ne l'aide pas en se concentrant sur les amourettes anodines des deux adolescents et sur les envies de Mrs. Lovett, défendue par une Helena Bonham Carter qui a fait le tour du cimetière des personnages aux yeux cernés.

Le maniérisme des acteurs ne rend pas justice non plus à l'histoire tordue pourtant fascinante de ce tueur en série unique. Mais les meurtres ne satisfont le public qu'après près d'une heure et sont présentés de manière trop anodine, sans la puissance habituelle et la féerie d'un Edward aux mains d'argent, par exemple. Du sang qui gicle, ça fait bien plaisir au déshydraté en soi, mais les individus anonymes qui passent sur la chaise prouvent que le film aurait dû être recentré autour de son personnage principal, qui devrait être la vraie vedette.

La finale est pourtant magnifique de symbolisme, d'une tristesse incarnée digne des plus beaux moments de Tim Burton. Des moments qui se font trop rares dans Sweeney Todd : Le diabolique barbier de Fleet Street pour que le film porte vraiment le sceau de qualité « Burton ». Dommage que Depp semble avoir la tête ailleurs, parce que c'était sur lui que reposait le film.
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Photo Karl Filion

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