Affiche du film  Sur le Rythme
© Les Films Séville

Sur le rythme

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Sur le rythme
8 août 2011

Sain de corps et d'esprit

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Ce qu'on reproche le plus aux films de danse traditionnels - tous les Step Up, Streetdance ou Save the Last Dance de ce monde - n'est pas la conformité assommante de leurs histoires ou le pénible remaniement de vieux clichés, mais bien le manque flagrant de séquences chorégraphiées, de scènes de danse à proprement parler. On nous endort le plus souvent avec des amourettes et des idéaux impossibles en oubliant le sens même de ces oeuvres légères; divertir par l'art du rythme, du mouvement et de la musique. On pourra - et on le fera, c'est inévitable - critiquer les limites du scénario, la facilité des dialogues et des prémisses de Sur le rythme, mais on n'enlèvera jamais à ce film ce qu'il mérite; la qualité de sa direction artistique, la justesse et la quantité substantielle de ses chorégraphies magnifiquement bien interprétées ainsi que la vitalité, la couleur qu'apportent les deux acteurs principaux de par leurs forces respectives.

Charles-Olivier Michaud a réussi à donner une touche très personnelle, très humaine, à cette comédie sentimentale aux postulats plutôt convenus. Par des prises de vue différentes, des ralentis judicieux, des images léchées, des plans inusités, en caméra portée par exemple (les scènes dans le bar sont particulièrement dynamiques grâce à cette technique, pourtant moins utilisées dans les productions « grand public » conventionnelles), le réalisateur parvient à construire un univers étonnant qu'on se surprend à intégrer, à s'approprier très rapidement. Alors que Mylène St-Sauveur en avait surpris plus d'un avec son interprétation d'une jeune femme troublée et troublante dans 5150, rue des Ormes, personne ne savait vraiment à quoi s'attendre des talents de comédien de Nico Archambault, gagnant de la première saison de l'émission So You Think You Can Dance Canada. Bien qu'on ne lui recommande pas de quitter la danse pour le théâtre, Archambault s'en tire assez bien à l'écran. La chimie entre les deux personnages principaux est incontestable, bien qu'elle soit formatée, établie et confirmée beaucoup trop rapidement au sein du récit (dès que Delphine voit le nouveau danseur, elle sait qu'elle formerait un duo incroyable avec lui, et elle sait ça juste en le regardant... quelle perspicacité!).

Les poncifs et les stéréotypes sont une chose que l'on peut pardonner à une oeuvre comme celle-ci, qui n'a aucune intention de soulever un débat ou d'ébranler émotivement son auditoire, en autant que la structure globale est honnête et performante - et elle l'est. Mais au delà des généralités qui étaient presque incontournable - la fille de bonne famille qui fréquente un garçon de milieu modeste qui lui apprend à s'affirmer -, certains détails narratifs annexés à l'histoire principale - comme les problèmes de ménage des parents de Delphine ou les blues de sa grand-mère veuve - nuisent considérablement à la continuité du récit, à son bon déroulement. On aurait préféré connaître davantage les deux protagonistes plutôt que d'être amener à juger les problèmes de couple des parents de l'un d'eux, qui nous sont - honnêtement- d'aucun intérêt.

La musique entrainante, habilement sélectionnée et montée, les brillantes performances de certains de nos meilleurs jeunes danseurs québécois ainsi que la complicité transparente et contagieuse des deux comédiens principaux sont autant de justifications de la réussite de cette oeuvre sans prétention. Les textes manquent de rigueur, le jeu est peut-être parfois grossier, mais qui ne pardonnerait pas un contenu moyen dans un contenant si efficace?

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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