Affiche du film  Star Wars : Le réveil de la force
© Walt Disney Films Canada

Star Wars : Le réveil de la force

Version en français
v.o.a. : Star Wars: The Force Awakens
16 décembre 2015

Déboulonner le mythe

Photo Par Martin Gignac

Star Wars. S'il y a un long métrage qui fait rêver, c'est bien celui-là. Peu importe l'avis de la critique, ses admirateurs vont se ruer dans les salles de cinéma en défendant bec et ongles ce nouveau tome après que George Lucas ait presque détruit la légendaire série avec sa trilogie synthétique. Au-delà des attentes, de l'excitation, d'une certaine mélancolie et de l'espoir de voir le cinéaste J.J. Abrams remettre les pendules à l'heure après avoir ressuscité Star Trek, que vaut réellement ce septième épisode?

Cela ne prend pas beaucoup de temps avant de constater qu'il s'agit d'un remake déguisé du premier film de tous (A New Hope). Une information vitale est cachée dans un droïde, ce qui mène à des affrontements incessants entre la Résistance et l'Empire qui se fait maintenant appeler "Premier Ordre". La riche matière première est la même, présentée presque de la même façon (le bar avec les monstres, l'assaut final aérien), et les surprises se font rares.

Au centre des enjeux se dressent une chasseuse d'épaves (Daisy Ridley) qui n'a pas froid aux yeux, un soldat ennemi pris de remords (John Boyega), un pilote au charisme certain (Oscar Isaac) et le vil Kylo Ren (Adam Driver) qui doit bien être le fan numéro 1 de Darth Vader.

La longue introduction prend le temps de présenter les personnages, leurs enjeux et leurs quêtes. L'action se déroule environ 30 ans après les événements de l'enfantin Return of the Jedi et rien n'a véritablement changé, si ce n'est Luke Skywalker qui est introuvable.

Grossièrement écrite et dotée de dialogues pompeux, l'histoire respecte le modèle en place, bien que le filtre disneyen se fasse énormément ressentir. Le mignon petit robot BB-8 - une sorte de Wall-E qui roule - prend beaucoup de place et s'il est moins fatigant que les Ewoks et surtout Jar Jar Binks, son omniprésence laisse pantois. Tout comme cette façon d'appuyer les messages (il faut travailler en équipe) et d'insister sur l'importance de la famille. Cette donnée, mise sur un piédestal, est sujette à une horde de révélations plus ou moins crédibles qui finissent par faire hurler de rire. Quoi, la grand-mère de X est en réalité la tante de l'oncle de Y qui est passé du côté obscur parce qu'il a eu des enfants avec le demi-frère de Z!?

The Force Awakens est, comme ses prédécesseurs, une majestueuse série B qui ne se prend pas au sérieux et son réalisateur l'a compris en distillant un humour salvateur. Dès que l'intrigue plafonne, il fait apparaître le truculent Han Solo pour détourner l'attention, y allant d'un cri reconnaissable entre tous du noble Chewbacca. Les scènes d'action sont parfois les véritables protagonistes et si elles sont effectivement spectaculaires et "à l'ancienne' il y en a beaucoup trop, noyant le poisson plus souvent qu'autrement dans la 3D. Lorsqu'il doit être intimiste comme dans Super 8, Abrams sort l'artillerie lourde et mélange Star Wars et Star Trek (les deux comportent huit lettres qui ne sont toutefois pas les mêmes), n'arrivant pas toujours à insuffler son empreinte à cette série culte.

On ne le remerciera pourtant jamais assez d'avoir construit un personnage aussi fort que celui de la chasseuse d'épaves. En voilà une qui aurait eu sa place dans le dernier Mad Max, n'ayant besoin de personne pour se frayer un chemin, étant campée à la perfection par Daisy Ridley qui en est à son premier rôle important au cinéma. De quoi faire de l'ombre à John Boyega (Attack the Block) qui ne change guère de registre, au jubilant cabotin Oscar Isaac (Inside Llewyn Davis) que l'on voit malheureusement trop peu et à Adam Driver de la série Girls... qui fait du Adam Driver.

L'attente était longue, trop pour ne pas être un peu déçu envers Star Wars: The Force Awakens qui est loin d'être le meilleur épisode de la série, se situant même en deçà d'un Revenge of the Sith. Sans doute dresse-t-il la table à une suite encore plus intéressante et réussie comme l'était The Empire Strikes Back. En attendant, on se retrouve avec un gros film d'action divertissant à souhait, mais sans âme ni réelle personnalité, où brille une épatante héroïne qui a enfin la chance de se servir d'un sabre laser. De quoi satisfaire momentanément les fans qui ne se peuvent plus.

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Photo Martin Gignac

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