Affiche du film Star Trek
© Paramount Pictures

Star Trek

Version en français
v.o.a. : Star Trek
5 mai 2009

La contre-attaque de l'empire

Photo Par Karl Filion

Le pari pris par J.J. Abrams était de faire renaître une franchise en perdition sans s'aliéner les fans de la première heure - qui attendent depuis de nombreuses années un Star Trek digne de ce nom - et sans effrayer complètement les néophytes (dont je suis) face à la complexité de cet univers. Pour offrir un divertissement de science-fiction de grande qualité visuelle, le créateur de Lost et de Cloverfield aborde des thèmes qui lui sont familiers, sans négliger des personnages complexes qu'il semble pourtant très bien saisir. Ils sont en tout cas fort bien cernés, cohérents et même attachants, ce qui permet une immersion totale. Pari tenu.

Le jeune James T. Kirk refuse de rejoindre la Starfleet malgré ses tests d'aptitudes au-dessus de la moyenne. Sur un coup de tête, après que le Capitaine Pike, capitaine de l'Enterprise, l'ait mis au défi de surpasser les exploits de son illustre père, il décide de s'enrôler. Trois ans plus tard, une ancienne menace revient hanter la galaxie, et les recrues de la Starfleet, dont Kirk, Spock, Uhura, Sulu et McCoy, s'embarquent sur l'Enterprise afin de la combattre.

Malgré une introduction un peu simple visant à mettre en place les bases d'un récit de dépassement de soi assez prévisible mais également inspirant, le récit n'hésite pas à devenir plus complexe. Les simples règlements de compte du premier coup d'oeil deviennent de délicates questions politiques éloquentes et actuelles. Ce qui, contrairement à la croyance populaire, n'empêche pas de passer un moment d'excitation et de divertissement de premier ordre. Quand bien même on réfléchirait un peu, le plaisir des fusillades spatiales n'est certainement pas diminué, d'autant que Star Trek est conçu sous le signe de l'humour autant que de l'action.

Face à l'ampleur des moyens mis à la disposition d'Abrams (qui lui permettent des effets spéciaux impeccables), ce qui compte, c'est pourtant la manière. L'histoire, parfaitement conçue pour le cinéma, ne souffre d'aucun temps mort une fois qu'elle est officiellement lancée. Excepté peut-être la finale, qui voit réapparaître bien inutilement l'interprète original de Spock, Leonard Nimoy.

Ce qui est d'autant plus fascinant, tandis que le récit se dévoile et se complexifie, c'est de voir les deux hommes fiers que sont Kirk et Spock comprendre que le succès de la mission et la vie de leur équipage passe par une collaboration où les rancunes et l'orgueil n'ont pas leur place. Voilà qui est rafraîchissant et stimulant pour le spectateur, d'autant que le film d'Abrams n'hésite pas à commenter, toujours de manière fort subtile, l'ordre des choses actuel à travers la science-fiction. C'est cela qui, semble-t-il, a de tout temps fait le succès de Star Trek. Voilà qui est rassurant.

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Photo Karl Filion

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