Affiche du film  St. Vincent
© Les Films Séville

St-Vincent

Version en français
v.o.a. : St. Vincent
v.o.a.s.-t.f. : St-Vincent
23 octobre 2014

Payez au suivant

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

St. Vincent s'apparente beaucoup à Pay It Forward, sorti au début des années 2000, qui mettait en vedette le jeune Haley Joel Osment. Dans les deux films, il est question d'un jeune garçon qui, à cause d'un travail à l'école, se retrouve à poser des gestes philanthropes. Les thèmes exploités dans les deux longs métrages sont également assez semblables, tout comme les morales qui s'en dégagent. Pay It Forward possédait par contre une fraîcheur et une audace qu'on ne retrouve pas nécessairement dans St. Vincent.

C'est par son personnage de voisin bourru que la comédie dramatique se démarque. Bill Murray livre une superbe performance dans le rôle de ce personnage sans trop de nuance qui n'aime personne et que personne n'aime. On sent à quelques endroits que le film a voulu contrarier son public, le troubler, déranger ses valeurs (notamment avec la présence d'une prostituée enceinte qui continue de danser aux tables malgré son gros ventre ou d'un vieil ivrogne qui entraîne un petit garçon à investir l'argent de son dîner dans les courses de chevaux), mais comme il ne s'agit pas d'une oeuvre séditieuse, mais plutôt d'un divertissement léger qui veut faire sourire (et peut-être faire réfléchir un peu), les tentatives de perversion restent assez contenues. Il faut quand même admettre que de créer un protagoniste aussi désobligeant était un risque que Theodore Melfi a su assumer avec panache. Ce genre d'individu nuisible qui n'attire pas la sympathie fait rarement partie des « bons » dans le cinéma hollywoodien et c'est assez rafraichissant de voir quelqu'un qui ose s'aventurer sur une route aussi hasardeuse.

Par contre, avec autant d'impudence dans le choix de ses héros, on aurait pu croire que Melfi aurait assumé son irrévérence jusqu'au bout et nous aurait livré une finale digne de la désinvolture de son personnage principal, mais il semblerait qu'Hollywood a encore la main mise sur le résultat puisque la conclusion de St. vincent est aussi typée et fleur bleue que toutes les autres comédies dramatiques voulant entraîner le « bon sentiment » à tout prix. Pay It Forward avait eu, lui, la décence de nous offrir une fin digne de son audace globale.

St. vincent n'est pas non plus tout à fait bien rythmé. Il faut attendre au moins la moitié du film avant que le devoir sur les Saints du quotidien soit proposé aux élèves et que le titre de l'oeuvre et le reste de l'histoire aient un sens plus profond que la simple anecdote. Certains éléments développés dans la production sont plus intéressants que d'autres. Le fait que le garçon ait été adopté et que les parents soient en instance de divorce puis se querellent pour obtenir sa garde n'a pas beaucoup d'impact et génère peu de sympathie, même si Melissa McCarthy joue une mère monoparentale plutôt convaincante. Peut-être est-ce sa trop courte présence à l'écran qui empêche de public de s'y attacher suffisamment pour que son sort importe.

Le long métrage de Melfi est rempli de bons sentiments et raconte une histoire touchante qui pourrait bien plaire à plusieurs amateurs de ce genre d'intrigue simple, mais lumineuse, à sa façon. Sans être en présence ici d'un grand film, St. Vincent possède les qualités attendues. Le problème, c'est que les défauts attendus sont aussi présents et dérangent plus que les qualités étonnent.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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