Affiche du film  Sortilège
© Alliance Vivafilm

Sortilège

Version en français
v.o.a. : Beastly
3 mars 2011

Narcissiquement vôtre

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

La belle et la bête fait partie de ces classiques qui ont nourri l'imaginaire de nombreuses petites filles du monde entier; l'être repoussant et immonde qui, sous son apparence hideuse, cache un être sensible, séduisant et fidèle (n'est-ce pas le mythe à l'origine des idylles de certaines femmes pour des hommes rebelles et indisciplinés qu'elles croient pouvoir changer en prince charmant?). Il était donc tout à fait plausible de croire que ce conte, adapté aux idéaux de notre époque, parvienne à séduire, ou du moins à intéresser, le public féminin (La belle et la bête a rarement le même effet sur la gent masculine). Mais il est, semble-t-il, possible pour Hollywood d'échouer lamentablement, même avec des assises aussi solides que celles de La belle et la bête.

Kyle est un jeune garçon imbu de lui-même qui est persuadé que la beauté et la popularité sont les seules variables fondamentales pour une existence réussie. Un jour, alors qu'il s'amuse à ses dépens, une étrange étudiante de son école nommée Kendra lui jette un mauvais sort et le transforme en un être hideux. Pour retrouver son état normal, Kyle devra trouver dans la prochaine année quelqu'un qui l'aimera malgré son physique repoussant. Alors qu'il croit que la mission est impossible, il se met à côtoyer Lindy, une jeune femme brillante et courageuse, mais en danger à cause des nombreux ennemis de son père drogué.

Il y a certaines coïncidences et clichés que l'on peut pardonner puisqu'ils sont directement issus du conte original - l'omniprésence des roses, l'intérêt de l'héroïne pour la littérature et son enfermement chez « la bête » - mais trop d'absurdités sont inexcusables - personne n'a l'air vraiment inquiet de la disparition soudaine de deux étudiants, la jeune femme n'est pas intriguée le moins du monde à savoir pourquoi son nouvel ami est couvert de cicatrices, de tatouages et de mercure liquéfié. Et quel père indigne irait dire à son fils unique que l'amour que nous porte aux gens est exactement proportionnelle à notre apparence (j'aurais moins de difficultés à croire qu'il le bat ou l'encourage à la prostitution qu'il affirme de telles âneries)?

J'aimerais bien que quelqu'un m'explique l'intérêt d'Hollywood pour le jeune acteur Alex Pettyfer; oui il est beau et un brin charismatique, mais ce garçon ne sait pas jouer. Il faut le voir tenter vainement de simuler des élans de désespoirs ou de colère pour comprendre les limites évidentes de son jeu. Et sa jeune complice à l'écran, Vanessa Hudgens, n'est guère mieux (et je ne tente même pas de qualifier les performances douteuses de Mary-Kate Olsen et de Roc LaFortune, parce qu'évidemment la distribution d'un long métrage américain tourné à Montréal est inévitablement complétée par des acteurs de chez nous). Et je vous assure que dès qu'on tente de faire croire à un québécois que Roc LaFortune est le père drogué de Vanessa Hudgens, la magie est officiellement brisée (si elle ne l'était pas déjà).

En voulant respecter le plus possible les particularités de l'histoire originale, le film s'enfonce de plus en plus profondément dans l'impertinence et l'abrutissement (j'aurais été à peine étonnée de voir Lydie s'entretenir avec des tasses ou un chandelier majordome). Même si on s'inspire d'un récit qui a émerveillé plusieurs générations, on n'est pas à l'abri de l'échec ... surtout quand on mise sur l'ancienne vedette d'High School Musical et le mini agent secret de Stormbreaker.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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