Affiche du film  Si je reste
© Warner bros. Canada

Si je reste

Version en français
v.o.a. : If I Stay
22 août 2014

La lumière blanche

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Ce genre de drame romantique pour adolescentes bâti autour d'une idylle impossible fonctionne généralement bien auprès du public visé. Le plus récent exemple de ce phénomène est The Fault in Our Stars qui a connu un succès impressionnant tant à l'international qu'en Amérique du Nord. Évidemment, la question sur toutes les lèvres sera : Est-ce que If I Stay est aussi bon que The Fault in Our Stars? La réponse est non. Évidemment, les plus sensibles se surprendront à pleurer, mais doit-on vraiment se surprendre qu'un grand-père qui parle à sa petite fille dans le coma et qui lui dit qu'elle peut quitter le monde des hommes si elle ne se sent pas suffisamment forte pour faire face aux épreuves qu'elle aura irrémédiablement à affronter à son réveil est une situation excessivement affligeante qui arrive, sans trop de difficulté, à nous tirer des larmes. Mais, au risque de me répéter; ce n'est pas parce qu'un film arrive à nous soutirer des pleurs qu'il est nécessairement bon.

The Fault in Our Stars possède une autre qualité qui est déficiente dans le cas de If I Stay; la richesse de ses personnages. La violoncelliste Mia manque de substance pour qu'on s'attache et s'identifie à elle, et son amoureux Adam, le chanteur d'un groupe rock en vogue, est trop souvent furieux (une colère qu'il associe à coeur ouvert à ses parents absents) pour qu'on tombe sous son charme. Les parents du personnage principal; lui, batteur dans un groupe rock, elle, groupie, apporte une dimension musicale (encouragée évidemment par la passion pour la musique des deux protagonistes) intéressante à l'ensemble de la production. Beaucoup de références à des groupes populaires viennent enrichir le récit.

Peut-être que l'un des principaux problèmes de If I Stay en est un de dosage. Comme le film est construit autour de flashbacks, les évènements heureux côtoient sans cesse les évènements tristes, et c'est déstabilisant pour le spectateur qui tente de se retrouver au sein de cette trame narrative décousue. La forme chronologique n'aurait évidemment pas fonctionné dans ce cas-ci, mais une meilleure maitrise du flashback et de la narration extradiégétique, perpétrée par l'héroïne, entre la vie et la mort, aurait certainement permis une plus grande cohérence globale et engendré un attachement plus légitime.

Sans trop de surprises, le film déborde de clichés. La petite fille fragile violoncelliste, le garçon populaire chanteur de rock, les parents bohèmes, l'audition pour Julliard, les amis qui sont « comme sa famille »; et toutes ces autres choses qui se retrouvent presque irrémédiablement dans les films de filles et qui consternent critiques et garçons. Et comme si le contenu quétaine n'était pas suffisant, il fallait que le contenant fasse aussi preuve d'un goût douteux. Cette lumière blanche qui l'attire vers l'au-delà est particulièrement ridicule et ce montage morcelé manque de substance et d'harmonie actancielle.

*Attention, le film a été traduit en France, donc nous avons entre autres droit à de délicieuses répliques comme : « Il t'a vue en plein éclate », « Il est grave atteint » et (mon préféré) « Faut que j'aille au charbon ».

Le petit livre de poche de 220 pages me paraissait bien mince pour faire l'objet d'un long métrage de 107 minutes. Et effectivement, on sent très bien l'étirement de certaines séquences et le complément pesant d'émotions qu'on leur a appliqué. Le début s'avère tout de même assez bien balancé, mais plus on s'enfonce dans l'histoire, plus le rythme devient déficient. If I Stay (qui rappellera à certains Just Like Heaven) ne possède aucune caractéristique lui permettant de se différencier, mais atteint minimalement les quelques buts d'une production du genre; émouvoir, attendrir et faire rêver.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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