Affiche du film Sorority Row
© Les Films Séville

Serment mortel

Version en français
v.o.a. : Sorority Row
11 septembre 2009

Sang, sexe, serment mortel

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Définitivement un prétexte pour montrer des femmes nues et des meurtres sordides, Serment mortel ressemble étrangement au film Le pacte du silence agrémenté d'une dose démesurée d'obscénité et de sauvagerie. Les dialogues dépassent l'absurde pour tomber tête première dans d'insupportables déblatérations de jeunes filles gâtées-pourries, égocentriques, vilaines et stupides (on se demande comment elles ont fait pour se rendre à l'université). Même si le long métrage évite certains clichés, c'est souvent pour tomber plus précipitamment dans d'autres et rappeler au public qu'il serait temps de réinventer le style ou de cesser de produire des remakes faciles et prévisibles.

Cassidy, Ellie, Claire, Jessica et Megan sont cinq filles très unies qui font partie de la même fraternité universitaire, les Theta Pi. Lors d'une soirée organisée par leur confrérie, les jeunes femmes décident de venger Megan pour l'infidélité de son petit copain. Le canular se transforme bientôt en cauchemar lorsque Megan est brutalement assassinée. Les quatre filles, apeurées et traumatisées, décident d'un commun accord de jeter le corps dans un puit abandonné et de ne jamais parler à qui que ce soit de cette aventure funeste. Après la remise des diplômes, Cassidy, Ellie, Claire et Jessica sont poursuivis par un lugubre personnage vêtu d'une toge et de l'outil ayant servi à tuer leur amie huit mois plus tôt.

Les interprètes n'ont certainement pas été choisies pour leurs qualités d'actrices. Toutes très séduisantes, elles ne démontrent aucun talent particulier si ce n'est celui de dévoiler habilement leurs attraits physiques. Même Rumer Willis, qui a pourtant des « avantages génétiques » (fille de Bruce Willis et de Demi Moore), est pathétique sous un torrent de larmes artificielles derrière ses immenses lunettes ridicules.

Le changement de focus constant, comme filmé par une caméra amateur rappelant Le projet Blair, est intéressant dans le contexte du film d'horreur mais reste absurde et incohérent dans une situation mondaine comme celle-ci. Le scénario n'apporte rien de nouveau, toujours les mêmes cris hystériques, le mystérieux tortionnaire et ses lamentables victimes. Même si le suspense est tout de même bien mené jusqu'à la fin (cette dernière d'ailleurs prévisible et grotesque), des coïncidences et des illogismes aberrants attestent du manque de rigueur et de la volonté manifeste de produire un film pour stimuler les plus bas instincts des spectateurs.

Serment mortel fait partie de ces innombrables longs métrages insipides loués au club vidéo un soir d'Halloween dans l'espoir de voir des homicides répugnants engendrés par un belliqueux scélérat. Le film insiste sur le fait que « La réputation est tributaire des gens que l'on fréquente », mais, heureusement pour nous, pas des films que l'on regarde.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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