Affiche du film  Sanctum
© Universal Pictures

Sanctum

Version en français
v.o.a. : Sanctum
4 février 2011

La lumière au bout du tunnel

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Cette tendance qu'emprunte de plus en plus fréquemment le cinéma hollywoodien d'associer à un film (souvent médiocre) le nom d'une célébrité - dans ce cas-ci James Cameron - qui a fait sa marque précédemment dans le domaine cinématographique pour mousser la popularité de l'oeuvre est déplorable, même perfide. Le pauvre Cameron n'a probablement que fourni sa technologie à cette production désastreuse, signé quelques contrats et reçu de copieux chèques, mais, maintenant, plusieurs croiront que c'est à lui que l'on doit cette abomination. Évidemment, la qualité de certaines images, de quelques plans, mérite des compliments, mais lorsqu'un long métrage de plus de cent minutes ne possède que quelques séquences potables, qu'un nombre limité d'instants de qualité, on doit malencontreusement se rendre à l'évidence et consentir à l'échec.

Lors d'une expédition d'exploration dans l'une des plus dangereuses et magnifiques cavernes du monde, une équipe de spéléologues et d'investisseurs se retrouve prisonnière sous la terre et doivt découvrir une nouvelle sortie vers la mer pour rester en vie. Malheureusement, l'équipement est limité et les plongeurs ne sont pas tous des professionnels. Les membres du groupe devront apprendre à se faire confiance et à faire confiance à la nature s'ils veulent survivre dans cet endroit inexploré par l'homme.

La principale lacune de cette oeuvre est l'abrutissement du scénario. D'une simplicité effarante et d'un manque de structure et de cohésion évident, les textes nous plongent dans une quête sans intérêt, menée par des héros sans envergure. Les répliques grotesques - « fais confiance à la grotte » - et les séquences mélo-dramatiques - les regrets éplorés d'un père absent et les crises identitaires d'un garçon malaimé – se succèdent à un rythme déconcertant. Les acteurs semblent ne déployer aucun effort pour nous faire croire à la valeur de leur personnage respectif - quoi qu'on peut difficilement leur en vouloir, avec des prémisses si faibles et une trame narrative si invraisemblable, même le meilleur des acteurs peut difficilement nous faire croire à la légitimité de sa présence à l'écran. Le jeu est gros, alarmiste à l'excès. Certes les protagonistes luttent pour sauver leur vie, mais ils semblent plus affairés à créer le drame qu'à l'éviter.

La qualité visuelle, la texture de l'image, est un point positif - le seul - à cette oeuvre insignifiante. Les séquences sous l'eau sont généralement bien tournées, certains moments sont même d'une intensité respectable, mais dès que les personnages ouvrent la bouche, souvent pour s'exaspérer de leur situation critique, l'histoire cesse d'être excitante pour devenir pathétique. À aucun moment dans le film on ne ressent cette impression d'asphyxie qui rend l'aventure cinématographique passionnante puisque persuasive et entraînante. Jamais, comme c'était le cas dans Buried par exemple, la peur des personnages nous est transmise avec tant de doigté et de passion que l'on finit par appréhender la suite et craindre pour sa propre vie. Jamais.

On a tenté de convaincre la population en scandant le nom d'un des grands révolutionnaires du milieu cinématographique, tout comme a tenté de nous confondre en associant le nom de M. Night Shyamalan au film d'horreur Devil ou celui de Quentin Tarantino à Hostel. Mais les cinéphiles ne sont pas bonasses. Morale de cette histoire : méfiez-vous des gros titres, des imitations et surtout, ne faites pas confiance aux grottes.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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