Affiche du film  San Andreas
© Warner bros. Canada

San Andreas

Version en français
v.o.a. : San Andreas
29 mai 2015

Mission sauvetage

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Il n'y a pas beaucoup de films catastrophes qui sont crédibles, et de toute façon, ce ne sont généralement pas pour leur réalisme qu'on les consomme. On s'attendait donc à ce que San Andreas soit complètement absurde. Mais avait-on vraiment besoin d'aller jusqu'à placer les protagonistes dans un immeuble - le plus haut de San Francisco - se heurtant à un tsunami dans une ville en flammes?

The Rock est ici le superhéros par excellence; il sait piloter avion, hélicoptère, bateau, voiture évidemment, peut retenir son souffle sous l'eau pendant un temps record et sauve des jeunes filles prisonnières de voitures démantibulées accrochées à une branche sur le flan d'une montagne en descendant en rappel depuis un hélicoptère à l'engin défaillant (vous comprendrez que l'exagération est ici un euphémisme). Nous ne demandons pas à un film catastrophe d'être vraisemblable, mais il doit tout de même faire preuve d'une certaine cohérence pour que le public ait l'envie d'y croire un peu. San Andreas est si loufoque qu'il fait davantage rigoler le spectateur que l'angoisser comme il devrait le faire.

Le problème ne réside pas tant dans la mythologie, qui semble avoir été réfléchie, mais plutôt dans les dialogues puérils et dans l'invraisemblance des héros (soit le personnage de Dwayne Johnson, sa femme et sa fille). On peut peut-être expliquer les habiletés herculéennes du personnage de Dwayne par son passé de sauveteur en zone de guerre (et encore là, malgré le grand respect que j'ai pour ces soldats, ils ne possèdent pas de pouvoirs magiques, ce que The Rock semble avoir dans ce film), mais les nombreuses ressources de l'adolescente sont saugrenues, et les façons dont est sauvée - toujours in extremis - la mère relèvent de la science-fiction. À noter également la puérilité de l'histoire d'amour entre l'adolescente et un jeune homme qu'elle vient à peine de rencontrer, mais qui risque sa vie et celle de son jeune frère à plusieurs reprises pour l'épargner.

Les effets spéciaux - tout de même l'une des choses les plus importantes dans ce genre de production - s'avèrent sa plus grande réussite. Ce ne sont pas les images qui nous empêchent de croire en la catastrophe naturelle qui se joue sous nos yeux, mais bien la mièvrerie de l'histoire et son inconcevabilité. Ce n'est, par contre, pas faute d'avoir essayé, parce que les multiples informations qu'on nous bombarde dès les prémisses sur les tremblements de terre et les catastrophes naturelles sont la preuve qu'on a voulu rendre le récit un tant soit peu crédible... Meilleure chance la prochaine fois.

San Andreas est le genre de films qu'on va voir au cinéma dans la salle équipée du meilleur système de son et de la meilleure qualité d'images, et qu'on regarde sans trop écouter. Si ce type de production à la structure narrative inexistante et aux effets spéciaux à grand déploiement est le genre de production qui vous plaît, le film de Brad Peyton saura peut-être vous satisfaire. Mais si vous espérez une histoire, San Andreas n'est pas pour vous.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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