Affiche du film  Samba
© Les Films Séville

Samba

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Samba
4 février 2015

Sans-papier

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Eric Toledano et Olivier Nakache avaient beaucoup de pression sur les épaules. Après l'incroyable Intouchables, on les aurait suivis partout et dans tous les registres. Les deux réalisateurs français ont choisi de rester dans la comédie, mais ont préféré une avenue plus retenue que la précédente. Alors qu'Intouchables était vulgaire, irrévérencieux, parfois embarrassant et souvent hilarant, Samba reste davantage dans la mesure et la pudeur. Ne vous méprenez pas, par contre, Toledano et Nakache attaquent encore les injustices, les stéréotypes et les idées préconçues avec la force du lion, mais ne nous offrent pas ici de quoi égratigner notre ego et nos préjugés de la même manière stridente qu'ils l'ont fait avec Intouchables.

Le spectateur est invité ici à suivre les aventures de Samba, un immigrant sénégalais, qui s'efforce, depuis son arrivée en France il y a dix ans, de devenir un citoyen français à part entière (ou ne serait-ce qu'à moitié), et celles d'Alice, une ancienne cadre dans une grosse compagnie qui a fait un burnout et qui essaie de se reconstruite, notamment grâce au bénévolat. Ces deux étrangers se rencontreront fortuitement et développeront une relation particulière qui brisera les a priori que plusieurs ont envers les immigrants et les victimes d'épuisement professionnel.

Malgré son ton plus grave et solennel, Samba nous fait vivre une myriade d'émotions qui nous amènent régulièrement à rire à gorge déployée. Ce ne sont pas des blagues qui traverseront les époques comme celles d’Intouchables, mais elles enjoliveront très certainement pendant un moment nos petites existences.

Peut-être y a-t-il aussi moins d'universalité dans les thèmes abordés cette fois par Toledano et Nakache. Les handicapés étaient un sujet polyvalent qui pouvait s'adapter à n'importe quelle société, mais il y a dans Samba une certaine formalité française, une rigueur gouvernementale et sociale (duquel découle d'ailleurs quelques farces difficiles à saisir sans une connaissance minimale de la constitution française), qui nous touche moins en tant que Canadien. Évidemment, un immigrant reste un immigrant et il est ardu, même au Québec, pour un étranger d'être considéré citoyen, mais reste que certaines spécificités nous échappent quand même, et nous brime un peu dans notre appréciation de l'oeuvre.

Omar Sy incarne à nouveau le protagoniste, un personnage bien différent de celui qu'il incarnait dans Intouchables. Il est à la fois sensible, touchant et fragile. Il reflète une humanité qui nous permet de nous y attacher dès les premières minutes. Charlotte Gainsbourg est aussi extraordinaire. On constate la vulnérabilité de son personnage avant même qu'elle ouvre la bouche. La fille de Serge Gainsbourg nous prouve à nouveau l'immensité de son talent brute. Tahar Rahim, qui était bouleversant dans Le passé, est ici hilarant dans Samba. Il est le principal élément comique de la production et cette dernière est chanceuse de compter sur cet acteur renversant pour mener son angle humoristique.

Samba mérite le détour. Il vous distraira tout en vous éduquant sur la France d'aujourd'hui. Un autre incontournable de la comédie française signé Eric Toledano et Olivier Nakache.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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