Affiche du film  Robin des bois
© Universal Pictures

Robin des bois

Version en français
v.o.a. : Robin Hood
14 mai 2010

Robin : Le commencement

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Une réalisation tout à fait respectable, un jeu d'acteurs honnête, des décors fidèles, et pourtant, un film terriblement ennuyant. Hollywood a cette tendance - défendable - de récupérer ces héros ou ces meurtriers les plus célèbres et lucratifs au box-office et de réécrire leur destin, d'énoncer leur passé de manière à - entre autres choses - mieux faire comprendre leur mentalité et les répercussions de leurs actions. Après Batman, Michael Myers, Alice, Freddy Kruger (pour ne nommer que ceux-là), voici le tour du brigant au grand coeur, incarné par Kevin Costner en 1991, et maintenant par le gladiateur de Scott, Russell Crowe, de prendre d'assaut les écrans.

Lorsque Richard Coeur de Lion meurt au combat, Robin Longstride, l'un des archers de l'armée du Roi, décide de se faire passer pour un chevalier et ramène la couronne du défunt jusqu'à son royaume sous les traits de Sir Robert Loxley, un homme a qui il a fait la promesse a ramener l'épée de son père jusqu'à Nottingham. Il se rend donc jusqu'à ce village pauvre pour remplir son engagement. Arrivé sur place, il est accueilli par Walter Loxley, le père de Robert. Le vieil homme, voulant protéger sa belle-fille, Lady Marianne, des affres qu'ils l'attendent s'il décède, il lui demande de prétendre être son fils. Il tentera alors, sous les traits de Robert Loxley, de faire régner les droits et libertés des hommes face aux courroux qu'exerce le nouveau roi, Jean.

L'interprétation que fait Russell Crowe de Robin des bois est tout à fait méritoire, tout comme celle de Cate Blanchett dans le rôle de Lady Marianne. Le problème se situe davantage au niveau des personnages secondaires. Les vilains, Mark Strong et Oscar Isaac, sont plutôt anonymes, désagréables certes, hostiles peut-être, mais nullement menaçants face au charisme et à la prestance du héros qu'incarne Crowe. Bien que l'on sache tous que Robin des Bois ne trépasse pas des mains du Roi John, il aurait tout de même été intéressant de nous laisser croire à certaines défaillances du héros, certaines imperfections. Après tout, même Achille avait une faiblesse.

Le scénario, respectant pourtant un ton conséquent du début à la fin, s'enlise dans des avenues inutiles, tout en ignorant certains détails essentiels. Qui est ce Sir Walter Loxley pour connaître par coeur l'enfance d'un simple archer du roi? Même si son père était célèbre, ayant milité pour faire adopter une chartre des droits et libertés, il n'en est pas moins étrange (et moins inconséquent) que ce garçon, maintenant homme, surgisse un jour dans son château avec les mêmes valeurs que son paternel. Ces incongruités, ces interventions injustifiées du hasard banalisent le réalisme du scénario (même si l'histoire est une fiction assumée, le spectateur doit « croire » aux exploits du protagoniste pour en accepter leurs mérites) et l'importance de son héros.

Malgré tous les talents d'archer de son personnage principal, Ridley Scott manque lamentablement sa cible. Robin des Bois, cet archer qui volait aux riches pour donner aux pauvres, est une légende importante de notre cinématographie, même de notre culture générale, mais à force d'exploiter un héros on fini par lui voler son âme ... C'est du moins ce qui manque à ce film, une âme.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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