Affiche du film  Robin des bois
© Universal Pictures

Robin des bois

Version en français
v.o.a. : Robin Hood
14 mai 2010

Le Robin des autres

Photo Par Karl Filion

Quand Ridley Scott a annoncé qu'il réaliserait un (autre) film sur Robin des bois, pratiquement tout le monde s'est demandé ce qu'il aurait à dire de nouveau. Robin des bois a été décliné de toutes les façons : à la télé, au cinéma, en collants et avec Kevin Costner. Ce film-ci, malgré sa valeur technique, manque d'inspiration (ou en a trop, c'est selon). Scott, un cinéaste de fresques historiques modernisées, applique à nouveau sa recette inégale. Kevin Costner était bien plus amusant.

À la fin de la croisade du roi Richard Coeur de Lion, l'archer Robin Longstride va à Nottingham afin de remettre aux Loxley l'épée de leur fils prodige décédé. La mort du roi aura couronné son jeune frère, Jean, à la tête de l'Angleterre. Insouciant et mégalomane, Jean charge son lieutenant Godfrey de percevoir les taxes auprès des diverses seigneuries du royaume. Mais ce dernier a déjà conclu un accord avec le roi Philipe de France, qui prévoit envahir l'Angleterre.

Le récit assez complexe des origines de Robin des bois offre de nombreuses possibilités scénaristiques, qui ont toutes été négligées pour faire un film consensuel et rassurant. Il s'agit de la même ritournelle du Juste contre les Injustes, des gentils contre les méchants qu'on voit depuis des décennies au cinéma. Un jour ou l'autre, quelqu'un devra prendre la responsabilité d'aller au-delà de ces poncifs à travers le cinéma populaire, c'est la seule manière de convaincre le public d'en exiger davantage. Étonner est grandement sous-estimé à Hollywood (autant que dans la forêt de Sherwood, dans le cas qui nous intéresse). La seule satisfaction possible qu'offre Robin Hood, c'est un contentement béat semblable à celui d'un homme (ou d'une femme) repu(e) après un long repas.

Le récit offre quelques bons moments mais semble constamment anachronique. La musique omniprésente nuit beaucoup, tout comme les conventions sociales et l'humour « temporel ». Évidemment, les femmes aussi doivent se battre - c'est la société actuelle qui veut ça - même si c'est devenu un affreux cliché mortellement ennuyant. Un peu à l'image du film entier : pas de surprises, que ce à quoi on s'attendait. Le méchant roi est un jeune imbécile insolent (du jamais vu!). Et ce que veut vraiment le héros, ce n'est pas le pouvoir ou la richesse (ou même la fille), c'est la li-ber-té. Mais oui, il est le premier à y avoir pensé!

Dommage parce qu'en tant que blockbuster, Robin Hood n'est certainement pas mal fait. Les acteurs sont efficaces et talentueux, même s'ils rejouent tous ce qu'ils ont déjà joué ailleurs et en d'autres temps. Les scènes de combat sont assez palpitantes et malgré sa longue durée le film ne souffre que de peu de temps morts. C'est simplement que l'histoire n'est pas suffisamment palpitante, qu'il n'y a absolument aucune notion de danger et qu'aucun des personnages principaux n'est jamais menacé sérieusement. Et il faut aussi se rendre à l'évidence : Robin des bois est lié à Bryan Adams dans la culture populaire, on ne peut pas aller contre ça.

D'autant que ce Robin Hood est bien moins inspirant qu'un Braveheart, par exemple, moins divertissant qu'un Gladiator, moins stylisé qu'un 300 et moins grandiose qu'un Lord of the Rings. Ça fait déjà pas mal de références, non?

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Photo Karl Filion

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