Affiche du film  Requins 3D
© Les Films Séville

Requins

Version en français
v.o.a. : Shark Night
2 septembre 2011

Jouer avec sa nourriture

Photo Par Karl Filion

Piranha 3D était au moins divertissant. C'est le constat auquel on doit se résigner après Shark Night 3D, cette nouvelle « idée de génie » de la renaissance de la série B (X, Y, Z) qui prend un malin plaisir à être « tellement mauvais que c'est bon ». Sauf que pour ce faire, pour atteindre ce « niveau » de qualité, il faut démontrer qu'on sait ce qu'on fait et ce qu'on attend de nous. Prouver, en quelque sorte, qu'on n'improvise pas à mesure des revirements tous plus débiles les uns que les autres. C'est ce qu'on appelle le « second degré », et dans ce cas-ci, c'est on ne peut plus raté.

Car ce défilé de douchebags et de filles en bikini n'a même pas la qualité d'être humoristique ou amusant. Tout commence avec un couple de quidam sans aucun intérêt qui se baigne tranquillement dans un lac. La fille ne s'en sort pas, autant vous le dire tout de suite. Ça n'a aucune importance d'ailleurs puisque cette scène d'introduction n'influence en rien le déroulement de l'histoire, qui implique plutôt des étudiants en vacances et un immense complot impliquant des requins... il paraît. Parce qu'après 25 minutes de film, on n'a toujours pas vu de requin, dans ce Shark Night 3D. On a vu de des jambes bouger dans l'eau, des vagues, des remous, des cris, peut-être un aileron...

Quand on finit par enfin les voir, ces requins, on réalise que rien n'est si simple que des requins tueurs (ce n'était pourtant pas très compliqué!). Ces derniers, d'une grande efficacité, s'amusent à jouer avec leurs victimes avant de les déchiqueter (parfois en sautant!) afin de créer quelques frissons aussi faux qu'éphémères. Il faut y ajouter de longues et inintéressantes explications sur le pourquoi du comment, sans que personne ne semble se rendre compte de l'absurdité de la chose. Les mauvaises décisions sont d'ailleurs nombreuses : aller affronter un requin tueur en pleine nuit avec un bras arraché et une lance, ce n'est pas l'idée du siècle...

Les revirements ne sont pas seulement débiles, ils sont aussi inintéressants. Aucun de ces personnages n'est attachant tellement leurs interactions semblent factices, et que l'un se fasse dévorer ou l'autre décapiter, ça ne nous fait ni chaud ni froid. Exactement l'inverse d'ailleurs que quand on est rassuré d'apprendre qu'au moins, ils n'ont pas tué le chien. Ce n'est pas une comédie et ce n'est apparemment pas un film d'horreur non plus.

Mais qu'est-ce que c'est? Ce n'est pas assez bon pour être une bonne blague, c'est trop mauvais pour être un film d'action, c'est... une arnaque, une tricherie, qu'on souhaiterait avoir déjà oubliée... Honnêtement, ça ne sera pas très difficile. Dire qu'on espérant avoir affaire à une métaphore sociale sur les « requins » de Wall Street dans la « nuit » politique actuelle... (voyez-vous le deuxième niveau?).

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Photo Karl Filion

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