Affiche du film  Ratchet and Clank
© Remstar

Ratchet et Clank

Version en français
v.o.a. : Ratchet and Clank
27 avril 2016

Les zinzins de l'espace

Photo Par Martin Gignac

Peu importe l'époque, personne à Hollywood - ou même ailleurs - n'a encore trouvé le moyen d'adapter correctement des jeux vidéo au cinéma. Il y a 15-20 ans, les adulés Super Mario Bros., Street Fighter, Mortal Kombat et Tomb Raider se sont cassé le nez sur grand écran. Puis ce fut au tour des Prince of Persia, Silent Hill et autres Need for Speed. Que le cinéaste soit talentueux (Takashi Miike pour Ace Attorney) ou pas (Uwe Boll avec Alone in the Dark et compagnie), le résultat ne change guère. Même le premier Resident Evil, une des "moins pires" transpositions, n'a pas satisfait les amateurs.

Peut-être que le passage d'un univers de consoles à celui du septième art ne doit pas passer par des êtres de chair et de sang. Le rayon de l'animation semble plus prometteur et libérateur afin de respecter la vision créative. À condition évidemment de ne pas engloutir une fortune dans un bide financier comme ce fut le cas du décevant Final Fantasy: The Spirits Within.

Ratchet & Clank a l'avantage d'être un jeu très populaire qui n'a toutefois pas encore atteint le statut culte de son compétiteur. Originellement sorti sur la PlayStation 2 en 2002 (les suites se sont succédé), ce long métrage revisite la première mouture tout en extrapolant au passage. Ratchet est toujours un mécanicien sans peur mais avec reproche qui désire ardemment se joindre aux Galactic Rangers et sauver l'humanité du méchant président Drek qui menace de détruire leur planète. Son rêve se réalise lorsqu'il fait équipe avec Clank, un robot verbomoteur qui a plus d'un bon conseil dans son sac.

Cette variation sur des airs connus s'adresse d'abord et avant tout aux adeptes de ces jeux vidéo. L'essence y est, bien que l'histoire semble un peu limitée, et les personnages sont toujours amusants même si aucun ne paraît réellement attachant. Les voix sélectionnées (on y entend dans la version originale Paul Giamatti, John Goodman et Sylvester Stallone) ne sont pas mauvaises et les dessins qui semblent provenir de la PlayStation respectent l'esthétisme en place. Le travail à la réalisation de Kevin Munroe - qui a été assisté par Jericca Cleland - est ici beaucoup plus digeste que son horrible TMNT.

Il en faut cependant plus pour intéresser un large public et pas seulement un gamer âgé entre 7 et 14 ans. Le film qui multiplie les clins d'oeil à Star Wars, The Incredibles et 2001: A Space Odyssey manque à la fois de profondeur et de cohésion. L'humour est souvent plus salvateur que l'action et il s'avère trop inégal. Des pointes de satire font sourire dans les interventions de voix hors champ ou lors de cette compétition entre héros. Le reste du temps, ce sont des gags répétitifs et soporifiques qui naviguent entre le premier et le second degré et qui étirent une sauce sans grande valeur nutritive.

Devant la magnificence de la compétition (seulement cette année il y a eu Zootopia, Kung Fu Panda 3 et l'extraordinaire Garçon et le monde), Ratchet & Clank ne fait tout simplement pas le poids. La production animée est trop ordinaire pour soutenir la comparaison et elle ne ressemble bien souvent qu'à une banale infopub pour le dernier jeu de la série qui vient tout juste de sortir pour la PlayStation 4 (et qui est également une réimagination du succès de 2002). On souhaite bonne chance à The Angry Birds, Warcraft et Assassin's Creed qui prendront l'affiche au courant de 2016.  

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Photo Martin Gignac

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