Affiche du film  Rango
© Paramount Pictures

Rango

Version en français
v.o.a. : Rango
4 mars 2011

Go go Rango!

Photo Par Karl Filion

Rango est un tour de force visuel absolument époustouflant. Si la qualité de l'animation en elle-même ne surpasse pas le sceau de qualité Pixar - sans rien avoir à lui envier remarquez -, c'est surtout au niveau de la profondeur de la direction artistique et des couleurs que l'on trouve de quoi se satisfaire de ce film d'action incongru, qui est autrement assez fade, surtout au niveau du scénario. Avec tant d'idées disparates, c'est bien évident qu'on en trouvera quelques-unes pour ébranler les conceptions des films d'animation et des westerns traditionnels. Mais au final, voilà un film qui ne prend que peu de risques.

Suite à un accident de voiture, un lézard domestique rêvant de théâtre se retrouve seul au beau milieu du désert. À son arrivée dans un village peuplé d'animaux parlants, il réalise que la population est tenue en otage par le maire qui a le contrôle sur les réserves d'eau. Se faisant passer pour Rango, un justicier venu de l'Ouest, le lézard devient shérif et est chargé de protéger les faibles réserves d'eau des villageois. Alors que des taupes ont volé le réservoir, Rango doit prouver son courage afin de les rattraper et de redonner espoir aux habitants.

Les nombreux revirements du scénario sont absolument prévisibles, comme le sont habituellement les films d'animation pour enfants. De nombreux indices très éloquents s'assurent de ne laisser aucune surprise quant aux événements à venir. Ce n'est pas un défaut en soi, c'est cohérent dans une certaine démarche de films familiaux. Or, Rango ne s'adresse pas exactement à la « famille » normale; de nombreuses tentatives d'humour assez glauques dépassent apparemment le bon goût qu'ont habituellement les films « familiaux ». Ce n'est pas un défaut non plus, c'est l'amalgame des deux visions qui crée un problème de ton assez grave. Comme si un film qui, cherchant à s'adresser à la fois aux parents et à leurs enfants, ne s'adressait finalement à personne.

Niveau narratif, c'est très regrettable, parce que le film se proposait de faire une relecture des attentes liées au genre western en ajoutant une touche d'humour fort bienvenue. Or, cette conscience de soi-même est en quelque sorte diluée dans les personnages secondaires fades et les péripéties prévisibles qu'ils vivent. Le comble de cette bêtise : la scène - une suite de flashbacks - où Rango réalise enfin que le maire est le véritable méchant et qui reprend simplement des scènes que l'on a déjà vues, alors que c'était l'évidence même. Le concept du personnage qui ne peut sortir de son récit s'avère intéressant, mais sous-exploité, alors que la rencontre avec l'Homme sans Nom, aussi créative et déstabilisante soit-elle, tombe à plat, tout comme la présence de hiboux musiciens.

Cela donne de nombreuses longueurs à un film qui ne dure pourtant que 1h47. Il ne reste que la profondeur des couleurs et des paysages, d'une diversité et d'une qualité hallucinantes, pour voir que Rango est un film de qualité qui, s'il ne s'adresse pas aux enfants, ne s'adresse pas exactement aux adultes non plus. Mais cette prouesse visuelle ne saurait nous berner : sur le fond, on n'y trouve ni cohérence, ni véritable audace.

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Photo Karl Filion

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