Affiche du film Push : La division
© Les Films Séville

Push : La division

Version en français
v.o.a. : Push
5 février 2009

Fausse complexité

Photo Par Karl Filion
Pas vraiment un échec complet, mais certainement pas une réussite, Push : La division est l'un de ces films qui ne proposent rien de nouveau. C'est une synthèse de ce qu'on sait faire en effets spéciaux qui mélange action, humour, amour, vedettes et surnaturel... Tout, mais rien en même temps. Les comédiens sont d'une bêtise rare tandis que le scénario manque de vigueur et de rythme. Les thèmes abordés empruntent à X-Men, La matrice et à Jumper : Franchir le temps, dans la sur-utilisation d'un montage « jeune et dynamique », euphémisme pour « confus ». Malgré quelques bons moments inspirés du cinéma asiatique, la mythologie installée dans le film est trop faible et versatile pour tenir la distance.

Nick, un jeune homme doté de pouvoirs surnaturels, reçoit un jour la visite d'une jeune fille, Cassie, qui lui offre une fleur, tel que prophétisé par son père il y a dix ans. Avec son aide, il se lance dans Hong Kong à la recherche d'une mystérieuse jeune femme, Kira, qui doit les aider à découvrir une mallette au contenu tout aussi obscur. Poursuivis par une organisation gouvernementale secrète et des mercenaires, le groupe devra utiliser les dons de clairvoyance de Cassie et les habilités de Nick afin de mettre la main sur la mallette.

Dès les premiers instants du film, la confusion entourant les pouvoirs est grande, malgré la didactique narration d'usage. On explique sommairement les pouvoirs des héros, tout en expliquant qu'ils peuvent se tromper et que la voyante voit un futur qui ne se produit jamais. Elle prend aussi le temps de tout dessiner dans un joli carnet avec des crayons de couleur... Les bons et les méchants sont séparés sommairement, et seulement quelques scènes à la toute fin sont dignes d'intérêt. Le combat final a ses bons moments et se déroule à grande échelle, mais c'est le seul moment où le film ne ressemble pas à quelque chose qu'on aurait déjà vu, même à la télévision parfois. Et cette grave habitude du cinéma de faire appel à un « messie » qui a justement les capacités dont on a besoin alors qu'on n'en avait jamais entendu parler avant (à la Twilight) est vraiment, mais vraiment insultante et beaucoup trop simpliste.

Dakota Fanning incarne mécaniquement la jeune Cassie, tout en étant la meilleure comédienne du lot. Une scène d'ivresse de la pré-adolescente est plus burlesque que réussie, tout comme cette fausse romance absolument ridicule entre Kira et Nick, incarné par le bellâtre Chris Evans sans grande conviction. Camilla Belle, dans le rôle de Kira, est absolument catatonique et prouve une nouvelle fois qu'elle ne sait pas jouer, après 10 000 av. J.-C. Il faudrait bien que quelqu'un lui dise.

S'adressant à un public d'adolescents capables de faire fi des nombreuses invraisemblances et d'un manque total de rigueur intellectuelle au nom de quelque vedette ou d'effets spéciaux assez intéressants tout de même, Push : La division demeure un X-Men bas de gamme aux grandes prétentions. Un film jetable qui a plusieurs équivalents capables du meilleur comme du pire. On fait face ici aux deux à la fois : le bon et le mauvais cohabitent et s'amalgament pour présenter cette oeuvre incomplète.
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Photo Karl Filion

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