Affiche du film  Pour le pire et pour le meilleur
© Métropole Films Distribution

Pour le meilleur et pour le pire

Version originale en danois avec sous-titres en français
v.o.dan.s.-t.a. : Love is All You Need
22 mai 2013

Si quelqu'un s'oppose à ce mariage...

Photo Par Karl Filion

Il est assez étonnant de retrouver dans la filmographie de la réalisatrice danoise Susanne Bier un film comme Love is All You Need, elle qui est surtout reconnue pour des drames très intenses comme Frères, Après la noce et Un monde meilleur (qui est allé remporter l'Oscar du meilleur film en langue étrangère en 2011) ainsi que d'un film en anglais du même acabit - Things We Lost in the Fire. Love is All You Need, donc, une comédie légère, romantique même, se déroulant dans les paysages paradisiaques de l'Italie, s'intègre assez mal à ce curriculum, même si on retrouvait déjà dans les films de la cinéaste une tendance au happy end (très utile dans ce cas-ci) et une tendance (désagréable, si vous voulez mon avis) à la résolution. Deux éléments qui s'appliquent particulièrement bien à un film aussi « positif » que celui-ci, mais qui du même coup l'empêchent de se démarquer.

S'il était réalisé en anglais ou en français, Love is All You Need serait tout ce qu'il y a de plus banal à nos yeux - on l'envisage d'ailleurs surtout une oeuvre « nationale » danoise (comme le cinéma québécois produit des films adaptés au public québécois, des films qui n'ont pas de véritable valeur outre-mer/sociale mais qui peuvent tout de même être bien faits). Deux tourtereaux qui s'aiment, un couple improbable, des préparatifs de mariage, des malaises... Moins puéril, juvénile et burlesque que le serait un film hollywoodien sur le même sujet, Love is All You Need explore pourtant les mêmes eaux; malentendus, revirements de situation, infidélité, pardon et amour plus fort que tout... Bref, rien de neuf.

Certes, il y a un humour légèrement décalé qui s'avère assez amusant la plupart du temps, et qui passe par la performance inspirée de Trine Dyrholm et le décalage de Pierce Brosnan, dont l'élégance anglaise est aussi mièvre que ce film. Mais ces moments d'humour ne peuvent rien face à tous ces moments lancinants où la romance se fait attendre, d'autant que tout est assez prévisible (il faut exactement trois secondes pour comprendre ce qui va arriver au futur mari). On se demande donc sans cesse ce que ce film veut nous dire qu'on n'a pas déjà entendu...

Derrière la caméra, Bier se contente de filmer simplement les personnages et de laisser toute la place aux acteurs; ils sont bons, même les nombreux acteurs secondaires, et pourtant, on n'a jamais l'impression de vivre par procuration une histoire d'amour unique ou spéciale - décidément... c'est ce qui plombe ce film.

Quel intérêt donc? Aucun qui ne soit inédit. Ni Susanne Bier, ni le contexte, ni d'ailleurs la langue (la culture) n'ajoutent une plus-value exclusive à ce film qui, s'il n'est pas mal fait, n'a définitivement rien de spécial. C'est bien dommage, car on en espérait davantage, comme à chaque fois lorsqu'un auteur établi bouscule un peu ses habitudes.

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Photo Karl Filion

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