Affiche du film  Populaire
© Métropole Films Distribution

Populaire

Version originale en français
v.o.f.s.-t.a. : Populaire
6 février 2013

Une femme moderne

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Trouver la bonne atmosphère dans les comédies romantiques est aussi essentiel que de dénicher les bons interprètes qui sauront développer une chimie contagieuse, et nécessaire. L'atmosphère candide d'après-guerre qu'ont choisie les créateurs de Populaire s'agence parfaitement à l'histoire bon enfant qu'ils ont décidé de développer. La musique ingénue (qui s'apparente aux rythmes des films de princesses de Disney), les dialogues légers - et les expressions («mon chou») qui y sont associées - ainsi que les couleurs neutres et vieillottes contribuent à la cohérence de cette atmosphère savoureuse.

Par contre, au-delà du contenant rafraîchissant et original, cette comédie sentimentale française manque de prestance pour séduire pleinement la spectatrice-type. Les scénaristes ont décidé de ne pas s'étendre dans la dentelle en introduction pour s'attarder davantage aux progrès de la secrétaire qui peaufine sa dextérité à la machine à écrire, mais cette promptitude à se plonger dans le vif du sujet nuit à la cohérence globale. Après vingt minutes, la jeune gaffeuse Rose Pamphyle a été engagée par un homme d'affaires qui se donne comme mission d'en faire la championne française de dactylographie. Bien qu'on ne puisse pas vraiment reprocher à des auteurs de ne pas s'attarder à des détails inutiles, une meilleure (peut-être légèrement plus longue) introduction aurait permis au public de mieux saisir les personnages et leur personnalité, qui nous est plus imposée que proposée.

Romain Duris était plus convaincant comme protagoniste de comédie romantique dans L'arnacoeur qu'il l'est dans Populaire. Peut-être avait-il une meilleure synergie avec Vanessa Paradis qu'avec Déborah François ou peut-être que le personnage de tombeur lui allait mieux que celui d'assureur philanthrope dans la France d'après-guerre, mais, quoi qu'il en soit, Duris paraît mal à l'aise à l'écran, un qualificatif qu'on a peu l'habitude d'associer à cet acteur caméléon. Déborah François, de son côté, est adorable, insouciante et d'une candeur contagieuse. On s'attache d'emblée à ce personnage de « femme moderne ». Dommage que son histoire d'amour avec l'alter-ego de Duris soit si clichée et semble respecter un schéma cartésien et prévisible, valable pour tous les films de ce genre.

L'humour s'avère assez bien dosé, souvent implicite. Dans notre monde technologique, où presque tout le monde possède un ordinateur et sait taper au clavier - souvent avant même de savoir écrire à la main -, il est particulièrement amusant de voir ces femmes se surmener pour trouver de nouveaux procédés pour améliorer leur vitesse de frappe ou la fluidité de leur machine. Shaun Benson, qui incarne un Anglais fantasque, contribue également à l'effet comique de l'oeuvre.

Populaire est une bonne comédie romantique française, mais n'atteint pas le caractère de L'amour dure trois ans ou le charme de L'arnacoeur. Elle est rafraîchissante, se plante dans un contexte original et envoûte par ses airs candides, mais il lui manque un brin de méthode et d'unité pour nous faire tomber follement amoureux comme d'autres avant elle l'ont fait.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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