Affiche du film  Pompéi
© Les Films Séville

Pompéi

Version en français
v.o.a. : Pompeii
21 février 2014

Carnage

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

L'histoire de cette ville de la Campanie en Italie, détruite lors de l'éruption du Vésuve en 79 apr. J.-C., en est une très intéressante, et de choisir cette dernière comme toile de fond pour un film de gladiateurs était aussi assez rusé. Malheureusement, même si on avait de bonnes idées au départ, cela ne signifie pas que nous sommes arrivés à un résultat convaincant. Le scénario est d'un ridicule difficilement concevable : un esclave, nommé Milo, dont toute la tribu (qui faisait l'élevage de chevaux; une information d'une importance substantielle) a été massacrée par des Romains, s'éprend d'une mondaine, qui elle se trouve dans la mire d'un souverain romain, et se bat dans l'arène afin d'un jour pouvoir venger les siens.

Comme dans tout bon film du même genre : les méchants reviennent toujours miraculeusement à la vie, alors qu'on les croyait morts, les héros s'en sortent qu'avec quelques égratignures ou connaissent une fin héroïque et les filles aux grosses lèvres crient comme des brebis apeurées. Il n'a rien de bien nouveau dans ce film, rien qui pourrait nous permettre d'excuser certaines longueurs (qui sont nombreuses) ou certaines répliques risibles (qui sont aussi nombreuses). Même les décors dans Pompeii sont anonymes. Des paysages enchanteurs auraient pu nous amener à modérer nos impressions de ce long métrage de Paul W.S. Anderson, mais comme on ressent les green screen dans chacun des plans, il est difficile de parler d'un effet grandiose et immersif. Le 3D n'apporte rien, lui non plus, à cette production fade et sombre (ce qui est très mauvais pour le 3D) du début à la fin.

Le choix de Kit Harington pour incarner le protagoniste reste assez douteux après le visionnement de Pompeii. L'acteur de 5'7'' n'a pas la carrure nécessaire pour incarner ce gladiateur imbattable, craint par plusieurs (surtout pas lorsqu'on l'oppose à Adewale Akinnuoye-Agbaje; 6'2'', 300 livres de muscles et un regard de tueur). Et ce n'est pas le six pack au airbrush qu'on a dessiné sur son torse qui nous convaincra de la prestance du petit guerrier.

Pompeii, rythmé par une musique qui nous dicte nos émotions et par des combats trop chorégraphiés, ne nous offre que très peu de substance à nous mettre sous la dent. Même l'idylle amoureuse (qui met tout de même en scène deux très belles personnes dans un contexte de cataclysme inspirant) s'avère d'une mièvrerie insipide.

Les versions françaises sont une réalité importante au Québec, comme la grande majorité des gens auront accès qu'au film doublé. Et ici, la voix d'Alain Zouvi sur le corps de Jack Bauer engendre des frissons qui n'ont rien à voir avec l'intensité du film. Quand Zouvi double Adam Sandler, Ben Stiller et même Brad Pitt, le résultat est assez réussi et l'illusion presque complète, mais quand il prête sa voix à un sénateur romain machiste et suffisant, joué par Kiefer Sutherland, la magie n'est plus. Il y a des moments où la version française nuit à la crédibilité des acteurs originaux; c'est souvent le cas dans les comédies, et c'est définitivement le cas pour ce personnage dans Pompeii.

Dire que Pompeii est un échec ne serait pas exagéré... Disons-le donc sans retenue : Pompeii est un échec... Mais Alain Zouvi n'a rien à voir là-dedans.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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