Affiche du film Plan de vol
© Touchtone Pictures

Plan de vol

Version en français
v.o.a. : Flightplan
15 octobre 2005

Décollage retardé

Photo Par Karl Filion
Attention, cette critique révèle des détails de l'intrigue.

Difficilement crédible, le plus récent film de Jodie Foster est d'un ennui mortel à cause de ses dialogues ridicules, de ses clichés qui s'accumulent et de ses personnages grandiloquents qui sonnent faux. Sans oublier que pour être assimilé par l'histoire, il faut trouver Jodie Foster crédible dans son rôle pompeux et théâtral, et ce n'est pas gagné.

Kyle Pratt, tout juste après la mort tragique de son mari, prend un vol entre Berlin et New York – dans un avion qu'elle a aidé à concevoir – avec sa petite fille de 6 ans Julia. Alors qu'elles sont toutes les deux endormies, la fillette disparaît. Sa mère, affolée, se met rapidement à sa recherche dans tout l'avion. Sauf que personne ne l'a vue, les hôtesses même ne trouvent pas son nom dans la liste des passagers. À partir de là, Kyle va tout mettre en œuvre pour retrouver sa fille, même si on la croit folle.

Dès le départ, le plus gros problème de Plan de vol apparaît insurmontable. Il n'y a que quelques secondes d'écoulées et déjà, le réalisateur essaie, à l'aide d'une musique mélancolique fort appuyée, de quais de métro vides et de larmes à l'œil, d'imposer au spectateur toute la puissance dramatique d'une scène qu'on sait potentiellement émotive, mais qui ne remue rien puisqu'on ignore encore tout des tenants et des aboutissants de cette pauvre femme seule sur un quai de métro vide, avec la larme à l'œil. Un flash-back onirique aura tôt fait de tout préciser, sans que ce ne soit vraiment convaincant, puisque qu'on a rapidement l'impression que cette mort tragique n'est qu'un prétexte – un peu banal – pour justifier quelque chose de bien pire. Et le mot « pire » est franchement juste, parce que la suite n'est guère mieux : on tentera encore d'imposer des émotions aux spectateurs, et on le fera en exploitant aussi sa naïveté. Franchement.

C'est (évidemment!) les trop nombreuses incohérences qui gâchent toute l'expérience de Plan de vol. Un enlèvement aurait eu lieu mais personne, non personne, n'a vu agir le ravisseur dans un endroit aussi restreint qu'un avion. Et la finale du film en rajoute, pendant que les policiers se contentent de ne rien faire, maman-héros va aller sauver sa fille et tuer le méchant dans un moment de lucidité déconcertante (vraiment). Ah oui! Tout ça avant d'apparaître à travers la fumée qui se dissipe, l'air vainqueur, l'air assuré. La musique, les « reaction shots », tout y est.

Et, comme si ce n'était pas assez, le réalisateur continue d'imposer le terrible drame qui touche la pauvre famille, et continue d'imposer de la tension lorsque – après avoir coupé le courant dans l'avion et mis 450 passagers en danger – Kyle cherche sa fille dans les recoins sombres de l'avion. C'est également étonnant comme, quand on coupe le courant, les turbulences sont plus fréquentes que quand les lumières sont allumées. On voudrait créer de l'émotion où il n'y en a pas, au lieu d'utiliser son ingéniosité pour étonner, surprendre ou tenir en haleine l'audience.

Sans oublier que les dialogues sont grandiloquents, pompeux, récités. La performance des acteurs passe d' « affolée » à passable. Jodie Foster court partout et bouscule tout le monde (merci aux ralentis). À s'en taper la tête de désarroi. Les seuls moments intéressants sont ceux qui examinent la possibilité que Kyle soit folle. Ils sont intrigants, et on se demande comment tout va finir. Évidemment, on élude tout ça au profit d'un jeu du chat et de la souris fade.

« Maman, est-ce qu'on est arrivés? » lancera la petite Julia à la fin du film. Eh bien, en tant que spectateur, on espère vraiment que oui, parce qu'il était temps que ce voyage se termine. Ici, ce n'est pas seulement le vol qui est "retardé".
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Photo Karl Filion

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