Affiche du film  Pirates des Caraïbes : La fontaine de jouvence
© Walt Disney Pictures Canada

Pirates des Caraïbes : La fontaine de Jouvence

Version en français
v.o.a. : Pirates of the Caribbean: On Stranger Tides
19 mai 2011

Johnny, Johnny

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Même si les critiques des deux précédents opus n'étaient pas enflammées, les recettes de ces derniers étaient si impressionnantes - tant de gens se sont déplacés pour voir les exploits et bourdes de Jack Sparrow et de son équipage - que les attentes ne pouvaient qu'être énormes. Pirates des Caraïbes : La fontaine de Jouvence répond-t-il à ces expectatives élevées, est-il assez fort esthétiquement et scénaristiquement pour plaire aux novices comme aux fervents? Il est - évidemment - difficile de répondre objectivement à une telle question, puisque malgré les nombreuses incongruités, le désordre au sein de la narration, l'aspect moraliste assommant, l'humour souvent insipide et les frasques amoureuses peu crédibles des protagonistes, le charme du capitaine et la dévotion, l'amour, de plusieurs cinéphiles pour la franchise pourraient bien outre passer ces indéniables défauts.

Ce chapitre est probablement le plus simple de la saga; très peu d'informations préalables sont nécessaires pour comprendre l'issue de l'histoire et ses objectifs sont généralement assez linéaires, contrairement aux second et troisième opus qui nécessitaient une attention accrue et certaines connaissances de base. On semble même avoir porté ici une attention particulière à la schématisation, ce qui engendre certains illogismes et incohérences qui auraient pourtant pu facilement être évités (aussi simple que : comment deux équipages entiers peuvent-ils traverser une marre d'eau plafonnière en aussi peu de temps qu'un seul homme?). N'empêche que le film connaît rarement de temps mort (tout de même honorable pour une oeuvre de 135 minutes) et que l'action est, d'ordinaire, narrativement justifiable - si ce n'est d'une scène de bascule douteuse (à peine cocasse) dans un bateau abandonné sur le flanc d'une montagne.

La somptuosité des paysages et la compétence des effets visuels sont deux des qualités que l'on accorde généralement à la série de Disney. Même si la plupart des images ont été, cette fois, captées à Hawaï plutôt que dans les Caraïbes, elles n'en sont pas moins magnifiques. Peut-être que l'aspect « grandiose » aurait pu être davantage appuyé à certains moments - notamment dans l'antre de la fameuse fontaine qui s'avère belle, oui, mais pas sublime comme semblent le croire les personnages -, mais la beauté des espaces verts et l'utilisation rentable que l'on en fait se révèle profitable à l'ensemble du récit. Quant aux effets spéciaux, ils sont toujours aussi habiles et féériques. Les sirènes - malgré leurs étranges aptitudes à la Spider-Man - sont magnifiquement bien réussies; leur double personnalité - enjôleuse et carnivore -, leur queue diaphane à travers laquelle on peut entrevoir leurs jambes humaines et leur mouvement dans l'eau en font des personnages crédibles, plausibles, malgré leur caractère surnaturel.

Alors que dans les volets précédents on ne nous assommait guère - du moins pas de manière aussi évidente - avec les codes moraux et l'affranchissement des âmes, le quatrième chapitre insiste lourdement ses les bonnes valeurs, sur les manières justes d'agir. Peut-être est-ce la présence du prêtre mettant en doute chaque agissement des pirates qui écorche tant le public, mais se faire sermonner, se faire rappeler continuellement la bonté chrétienne est rarement ce que l'on attend de ce genre de production. Pirates des Caraïbes : La fontaine de Jouvence est bien loin d'être le pire film de série, mais sa grande accessibilité et son classicisme (de l'ordre des films d'aventures) peuvent facilement être interprétés comme de la lâcheté, de la paresse des créateurs et artisans. Heureusement que Johnny Depp est là pour convaincre (faussement) les fans qu'il s'agit encore d'un film de pirates.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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