Affiche du film Petite vengeance poilue
© Les films Séville, © Les films Séville

Petite vengeance poilue

Version en français
v.o.a. : Furry Vengeance
30 avril 2010

Georges de la banlieue

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Il y a de bonnes (Alvin et les Chipmunks, Madagascar) et d'horribles manières d'utiliser les animaux au cinéma, Petite vengeance poilue est un exemple spécifique de ce dernier type. En plus d'avoir des réactions robotisées et inconséquentes, les bêtes sauvages ne sont ni attachantes, ni vertueuses (elles tentent de sauver leur habitat en employant la violence, la vengeance). Souvent, lorsque le concept initial d'un film est original ou fantaisiste, il s'avère simplement mal scénarisé ou exploité. Mais dans ce cas-ci, même l'idée de base était stupide. Tous les stéréotypes de films familiaux y sont (souvent insérés avec gaucherie et abus) : l'amour jouvenceau, le classique « pipi, caca, pet » et la morale fastidieuse. Une heure et demie d'idioties qui ennuiera très certainement les parents et éventuellement même les enfants...

Dan Sanders est un agent immobilier qui doit s'occuper d'un complexe résidentiel au beau milieu de la forêt. Son patron, Neal Lyman, lui propose de s'associer à la phase 2 du projet qui consiste à former une nouvelle banlieue en détruisant la végétation voisine. Il accepte l'offre au grand désarroi de sa femme et de son fils qui s'ennuient de l'effervescence de la ville. Bien qu'il croit avoir pris la bonne décision, Dan réalisera bien vite que la nature ne se laissera pas détruire si facilement. Une bande d'animaux, dirigée par un raton-laveur rusé, organisera un complot pour faire abandonner le père de famille.

Brendan Fraser (qui n'a plus son corps d'antan) livre une performance impassible et mécanique. En fait, tous les acteurs se contentent de réciter leur texte sans véritable enthousiasme (peut-on vraiment leur en vouloir?). De nombreuses incongruités inexcusables parsèment le récit (depuis quand les moufettes sont fumigènes et les ours peuvent grimper une toilette chimique au sommet d'un arbre?), et ce n'est sans parler des nombreuses blessures que subit le protagoniste qui sont guéries miraculeusement lors du changement de plan. Comble de l'absurdité, on nous traduit les communications entre les animaux par l'entremise de « bulles », semblable à celles que l'on retourne dans les bandes dessinées.

Les bestioles, que l'on voulait adorables, sont plutôt risibles, tant dans leurs manières de dialoguer que dans leurs mouvements saccadés. On semble avoir mélangé les animaux vivants aux animatroniques, donnant l'impression d'une oeuvre négligée, faite à la hâte. La morale (il faut savoir faire les bons choix dans la vie) et le message social (sauvons l'environnement, cessons de détruire inutilement des forêts pour construire des complexes immobiliers) nous sont présentés avec une banalité assommante, sous de faux airs écologistes. Et ceux qui oseront défendre le film en argumentant sur ses visées familiales, rappelons que WALL-E, un long métrage d'animation pour enfants, soulevait les mêmes problématiques sociales et environnementales et a pourtant su le faire avec originalité, diplomatie et compétence.

Ce n'est ni la faute du réalisateur ni celui des acteurs si ce film familial est un échec (on les prend presque en pitié), mais bien celle des gens du studio qui, initialement, ont accepté le projet. Tant d'idées différentes sont refusées sous peur d'un échec (souvent financier), on préfère donc investir dans des concepts établis (des animaux qui dansent), c'est plus facile, plus sûr, moins impliquant (mais irrémédiablement moins bon).

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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