Affiche du film  Paul à Québec
© Remstar

Paul à Québec

Version originale en français
15 septembre 2015

Paul fait un tabac

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Il faut d'abord vous mettre en garde; Paul à Québec vous tirera invariablement des larmes, et ce, même si vous êtes l'un de ces imperturbables qui n'ont pas bronché suite au visionnement de The Fault in Our Stars. Vous ne pourrez rester de marbre face à la proposition bouleversante de François Bouvier. Pour ceux qui l'ignoreraient, Paul à Québec est l'histoire d'un graphiste, en 1999, dont le beau-père est en phase terminale et qui appuie sa femme dans cette épreuve bouleversante.

La bande dessinée et le film sont gorgées d'un humour particulier, parfois irrévérencieux, parfois temporel (notamment les scènes concernant le branchement des foyers à internet à la fin des années 1990) et même scatologique par moment. L'aspect comique de l'oeuvre originale a parfaitement été adapté à l'écran. La plupart des passages humoristiques se retrouvent dans le film Bouvier. Évidemment, les moments les plus touchants s'y trouvent aussi. En fait, il n'y a qu'une infime partie du livre qui a été abandonnée dans la version cinématographique, et la plupart de ces scènes sont suffisamment anodines pour qu'on ne remarque pas leur absence. Il y a aussi des changements techniques qui ont été apportés, notamment pour faire de Paul un personnage plus principal qu'il ne l'est dans la bande dessinée, mais rien pour offenser le lecteur.

Chacun des comédiens livre une brillante performance, à commencer par François Létourneau qui interprète un Paul criant de vérité. Julie LeBreton qui incarne sa femme, Brigitte Lafleur et Myriam Leblanc qui personnifient les soeurs de cette dernière et Louise Portal qui joue leur mère sont toutes aussi brillantes, mais la palme revient sans aucun doute à Gilbert Sicotte qui interprète un beau-père malade en phase terminale avec une intensité et une sensibilité qu'il est presque impossible à égaler. Mention spéciale aussi à Mathieu Quesnel et Patrice Robitaille qui font de très crédibles beaux-frères.

La réalisation de François Bouvier est aussi responsable de cette si belle et fluide transition du papier à l'écran. Bien que la voix off prend une place plus importante dans ce film qu'elle ne le fait généralement au cinéma, elle est si bien intégrée au récit qu'elle n'opprime pas le spectateur. Le film est divisé comme le livre; par mois. Les es sections s'imbriquent parfaitement les unes dans les autres. Il n'y a pas de longueurs, ni de scènes plus stériles qui ne font que ralentir le rythme (une chose que l'on retrouve trop souvent dans les adaptations). Le fait qu'on ait décidé de faire dessiner Paul dans le film aurait pu devenir agaçant. Certains s'efforcent tellement de faire des liens avec l'oeuvre originale qu'ils oublient qu'ils racontent d'abord une histoire, mais ici cet élément - absent de la bande dessinée originale - est suffisamment bien intégré pour qu'on puisse le considérer utile à l'ensemble de la narration.

Comme on s'y attendait, Paul à Québec se classe parmi les meilleurs films québécois de l'année. La qualité des performances des acteurs, la réalisation sentie, le montage rythmée et la trame sonore hypnotisante font de ce long métrage une oeuvre puissante et mémorable.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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