Affiche du film  Sausage Party
© Sony Pictures

Party de saucisses

Version en français
v.o.a. : Sausage Party
11 août 2016

Petits pains fourrés et grosses saucisses

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

* Mise en garde : Si le langage ou les propos tenus dans cette critique vous choque, vous n'êtes pas prêt pour Sausage Party.

À la sortie du visionnement de ce film, on se demande si quelqu'un n'a pas subtilement déposé la drogue du viol dans notre liqueur ou si on vient vraiment d'assister à un film dans lequel une saucisse, qui rêve de « fourrer » un pain à hot dog, se lance dans une quête pour la vérité, aux côtés d'un taco lesbien et d'un pita conquistador, afin de découvrir les véritables intentions de l'espèce humaine face aux aliments. L'éden qu'on leur a promis est-il réel ou doivent-ils croire les produits non périssables qui prétendent que les hommes mangent leurs confères et consoeurs impunément?

Vous voyez le genre... Cette trame narrative n'a aucun sens, et c'est exactement ce qui fait son charme. Oser une histoire aussi loufoque et dépravée était un pari casse-gueule, mais visiblement, Seth Rogen a des couilles de béton!

Les personnages sont absurdes. La méchante douche vaginale est certainement la plus farfelue, quoique la gomme à mâcher Stephen Hawking lui offre une solide compétition. Malgré tout, aussi insensée que la chose puisse paraître, le protagoniste - la saucisse Frank - est suffisamment convaincant pour qu'on s'y attache et s'y identifie. On finit par se préoccuper de leur quête, malgré L'aspect suagrenue de celle-ci. Et cette réflexion sur la notion d'un Dieu tout-puissant s'avère mieux développée que dans certains films sérieux. Au-delà de sa vulgarité, l'analogie est pertinente et soulève de vraies réflexions. Bien sûr, avec cette méditation sur l'au-delà, il y a beaucoup d'obscénités, de dépravation et d'immoralité.

Toutes ces grossièretés n'auraient jamais été acceptées dans un film en prises de vues réelles, mais comme ce sont des aliments qui déblatèrent toutes ces bassesses, personne ne s'offusque vraiment. Bien sûr, il y a des moments (nommément une scène à la fin du long métrage dont je ne vous révèlerai pas les détails pour ne pas altérer votre « plaisir ») qui dépassent les limites du « respectable », mais, encore une fois, comme ce sont des saucisses, des pains et des pots de confiture, on accepte la chose en riant.

Parce qu'il faut le dire, on rit beaucoup dans Sausage Party. Parfois pour faire fuir ce malaise qui nous serre la gorge, parfois parce que les blagues sont bien écrites et habilement métaphoriques. Les jeux de mots sont nombreux (à noter que nous avons vu le film en version originale anglaise), tellement qu'on se demande comment l'équipe de traduction a pu arriver à livrer un produit cohérent (quand on compare les mots « ketchup » et « catch up », c'est drôle en anglais, mais comme fait-on pour livrer un doublage conséquent alors qu'une vingtaine de jeux de mots comme celui-là tapissent le scénario?).

Le film comprend aussi énormément de sous-entendus et de références culturelles délicieuses. Même quand on pense qu'il n'osera pas aller plus loin, il nous surprend encore et surclasse nos attentes.

Sausage Party est profondément impertinent, on ne peut pas le nier, mais son audace est méritoire, tout comme la cohérence étonnante de sa trame narrative.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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