Affiche du film Paris, je t'aime
© Christal Films

Paris, je t'aime

Version en français avec sous-titres en français
v.a.s.-t.a. : Paris, je t'aime
24 mai 2007

Fluctuat nec mergitur

Photo Par Karl Filion
Sous le thème universel de l'amour, la ville universelle, Paris, reçoit la visite d'une vingtaine de réalisateurs qui exploreront à travers des petits films éclectiques les quartiers de la ville. Du bon comme du mauvais, dans ce qui devient rapidement un curieux mélange de manifeste pour la diversité culturelle et de guide touristique. Les regards étrangers sont souvent les plus efficaces, et à défaut de pouvoir se rendre à Paris, voici une petite sélection des meilleurs et des moins bons moments. Le jugement est rapide, merci donc à l'arbre qui est au milieu du Jardin d'Éden qui permet de connaître le bon et le mauvais.

Montmartre, de Bruno Podalydès, amorce le film avec une belle simplicité. Le ton est donné : peu d'envergure, beaucoup de sentiments. Une magnifique introduction modeste et juste.

Quais de Seine, réalisé par Gurinder Chadha, est un film charmant qui est malheureusement un peu simple et moralisateur. Dommage parce que cette histoire d'amour adolescente fonctionne à merveille.

Le marais, de Gus Vant Sant, est le premier joyau du film. Performance impeccable de Gaspard Ulliel, histoire simple et autosuffisante, chute très efficace.

Suit l'excellent Les Tuileries, des frères Coen, avec Steve Buscemi, qui livre une performance magistrale dans un film créatif et ludique réalisé avec minutie. Regard le plus étranger sur la ville, le film ne sort jamais du métro, véritable aorte parisienne. Enivrant.

Porte de Choisy est ensuite une folie heureusement passagère, qui tire de tous les côtés sans direction et sans but et qui s'avère d'un ennui rare.

Bastille, d'Isabel Coixet, raconte l'histoire ironique d'un homme qui apprend que sa femme est atteinte d'un cancer alors qu'il s'apprête à la quitter. Une déclaration d'amour laconique si efficace qu'on souhaiterait que la réalité soit semblable.

Place des Victoires manque de cohésion, et Juliette Binoche tombe rapidement dans le mélodrame irréaliste. Confus, étrange, et à côté niveau émotion.

Le Mexicain Alfonso Cuarón réunit brillamment Ludivine Saigner et Nick Nolte dans Parc Monceau, un film qui joue sur les malentendus. Particulièrement touchant et surprenant.

Le Quartier des enfants rouges fonctionne grâce à la performance - en français! - de Maggie Gyllenhaal, délicieuse dans un rôle de junkie.

La rencontre entre Bob Hoskins et Fanny Ardant dans Pigalle fait aussi des étincelles.

Le film de Tom Tykwer, Faubourg Saint-Denis, demeure l'un des meilleurs moments du film grâce à la performance de Natalie Portman. Amour juvénile, rythme parfait, film d'une efficacité redoutable.

Et le film se termine sur le magnifique 14ième Arrondissement, de l'américain Alexander Payne, responsable d'About Schmidt, qui utilise la narration et l'actrice Margo Martindale pour présenter un film d'une grande qualité et d'une grande intelligence. Moment de cinéma vibrant, attendrissant et mémorable.

Un film réunissant tant de réalisateurs, d'acteurs et d'idées est immanquablement décevant. Frustrant, même, parce qu'on souhaite que les plus jolies histoires se poursuivent dans un long-métrage. Le film prouve que les créateurs modernes ont des préoccupations semblables, que l'amour n'est pas près de laisser sa place comme sujet de prédilection, que la déception est à la mode. Paris, je t'aime est tout de même un film charmant, qui tient plus du recueil de nouvelles que du cinéma, et qui s'aborde de la même manière : à petite dose et sans attentes. Quand même, on retiendra du film le moment présent, à saisir au passage pour s'en imprégner. Tomber en amour à Paris, ou de Paris, voilà la vraie question.
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Photo Karl Filion

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