Affiche du film  Paddington
© Les Films Séville

Paddington

Version en français
v.o.a. : Paddington
14 janvier 2015

Coeur de marmelade

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

La bande-annonce de Paddington n'incitait personne à choisir ce film comme divertissement familial. Un ours qui se met des brosses à dents dans les oreilles puis qui liche ensuite la cire n'a rien d'un argument convaincant. Oui, les petits riaient, mais ce sont les adultes qui paient, donc ceux qui décident quel film la famille ira voir (ils sont souvent largement encouragés, mais ne sélectionneront pas une oeuvre qu'ils considèrent comme inappropriée pour leur jeune progéniture). La bande-annonce de Paddington est, par contre, son plus grand défaut. Le film n'a rien à voir avec ces deux minutes de curement d'oreilles et de problèmes de cuvette. Paddington est un long métrage mignon, intelligent, drôle et beau.

Alors qu'on pensait que Paddington s'adressait d'abord aux bambins, on est heureux de constater que le plaisir de l'adulte est égal à celui de l'enfant. Le petit ours brun du Pérou sait nous charmer en un simple regard, qu'on ait 5 ou 85 ans. Dans un film de ce type, l'attachement n'est pas indéniable. Le personnage (surtout s'il est un ours en imperméable) doit faire des efforts subséquents afin d'enclencher le processus d'identification qui nous fait nous intéresser à son destin. Paddington y arrive avec une grâce mal-léchée à laquelle on ne peut résister. Les personnages secondaires; celui des enfants, du père rigoriste, de la mère bohème et de la méchante taxidermiste (d'ailleurs assez osé d'arrimer un personnage au métier aussi cruel à la narration candide) sont également tous d'une efficacité actancielle irréfutable. Mrs. Bird, qui « a arrêté d'être surprise quand ils ont inventé le micro-onde », apporte également une délicieuse touche d'humour à la production.

Il y a un peu du style de Wes Anderson dans les images de Paddington, un peu aussi de celui, plus usuel, d'Home Alone et d'autres productions familiales du même genre datant des années 1980 et 1990 remplies de cascades et de pirouettes désopilantes pour grands et petits. À quelques reprises, une maison de poupées, qui se trouve dans le grenier où dort Paddington, s'ouvre pour nous laisser entrevoir la maison des Brown dans son ensemble, les activités qui se déroulent dans chacune des pièces. Ceci n'est que l'un des nombreux concepts utilisés par l'équipe du film pour étayer la magie de l'oeuvre et sa valeur.

C'est définitivement cette magie (engendrée par des effets spéciaux, mais aussi par des performances d'acteur et une esthétique originale) qui fait de Paddington un incontournable de la saison, et probablement même de l'année qui débute à peine. Le cinéma est en pénurie de ce genre de joyaux qui illuminent l'écran et nos coeurs du même coup. Paddington brille de par sa simplicité et son look vintage séduisant. Le film de Paul King rappellera certainement des souvenirs à ceux qui ont grandi avec le petit ours brun et le fera connaître à une toute nouvelle génération d'admirateurs, qui aura, elle aussi, un coeur de marmelade.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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