Affiche du film  Ouija
© Universal Pictures

Ouija

Version en français
v.o.a. : Ouija
23 octobre 2014

Les personnages de films d'horreur sont stupides

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Je n'arrive pas à comprendre. Pourquoi les personnages de films d'horreur sont-ils aussi stupides? Pourquoi se déplacent-ils dans le noir? Pourquoi décident-ils toujours d'agir seuls, sans consulter personne? Pourquoi s'aventurent-ils dans des endroits confinés comme la cave ou le grenier? Pourquoi reviennent-ils toujours sur le lieu du crime en présumant qu'ils sont hors de danger? J'ai si hâte de voir un film d'épouvante dans lequel les protagonistes auront des réactions humaines, plausibles et légitimes. Ce ne sera pas, par contre, aujourd'hui que mon rêve sera exaucé puisque les héros de Ouija sont d'un abrutissement sans nom. Ils tombent dans chacun des pièges que les « esprits » mettent sur leur route, sans même l'amorce d'une réflexion intelligente (du genre : peut-être que de jouer à Ouija dans la maison dans laquelle est morte notre amie il y a quelques jours n'est pas nécessairement une bonne idée) qui aurait pu leur épargner une mort atroce.

Et bien sûr, comme on s'y attendait, le jeu Ouija n'est qu'un prétexte pour produire un nouveau film d'horreur à petit budget qui amassera le double des millions investis à sa première fin de semaine dans les salles. Cette histoire de maison hantée par une médium et sa jeune fille, qu'elle utilisait comme intermédiaire pour parler aux morts, aurait pu être racontée sans la mention de la planchette de spiritisme. On a ici l'impression que Universal a récupéré l'un de ses vieux scénarios poussiéreux qui traînaient sur les tablettes depuis des lustres et y a annexé quelques bêtises concernant le jeu de table éponyme. Nous ne nous attendions quand même pas à un récit original, mais nous aurions espéré quelque chose de plus inspiré que cette histoire d'esprits malveillants et de maison hantée, qu'on a entendue des milliers de fois, au cinéma et ailleurs.

Il y a aussi énormément de détails incongrus dans Ouija. Des détails qui peut-être sont anodins lorsqu’on considère l'ensemble, mais qui sont suffisamment inconséquents pour nous amener à nous poser des questions et ainsi nous faire décrocher de l’histoire. Que ce soit l'amie de la jeune défunte qui s'occupe de la maison des parents de celle-ci alors qu'ils sont partis (je ne sais où d'ailleurs) est vraiment étrange et qu'une adolescente seule dans sa chambre se filme en train de jouer à Ouija est également aussi assez intrigant (même inquiétant). Et c'est sans parler de cette notion plutôt loufoque, mais vraisemblablement une évidence cristalline dans Ouija, selon laquelle les esprits entrent par les portes. Qu'ils soient immatériels n'est visiblement pas un argument suffisant pour ne pas qu'ils ouvrent une porte avant d'entrer dans une pièce (!). Et nous ne parlerons pas ici de la rapidité avec laquelle il est possible de trouver des archives de vieux articles de journaux datant des années 1940 sur internet (que c'est beau la technologie!).

Ceci étant dit, tout dépend quelles sont les raisons pour lesquelles on consomme le cinéma. Si l'intérêt de certains est de sursauter sur son siège, et voir des corps décomposés se mettre à bouger pour éliminer des jeunes Américains naïfs, peut-être que Ouija est alors un choix éclairé. Parce que oui, il nous arrive de sursauter à quelques reprises dans ce film, et même s'il utilise les mêmes techniques sonores et visuelles qu'Hollywood reprend depuis les années 1930, le résultat est encore efficace - à défaut d'être inusité.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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