Affiche du film Otages de la peur
© Alliance Atlantis Vivafilm

Otages de la peur

Version en français
v.o.a. : Hostage
27 juillet 2005

Une bonne prise

Photo Par Karl Filion
Otages de la peur a la qualité de ne jamais ralentir le rythme, d'offrir beaucoup d'action et quelques phrases pré-mâchées bien placées. Le film souffre malheureusement de quelques incohérences qui nuisent à sa qualité d'ensemble. Pourtant, dans le genre, je ne crois pas qu'on puisse faire beaucoup mieux.

Bruce Willis prend évidemment toute la place de ce film spécialement conçu pour relancer sa carrière de héros d'action (une carrière qu'il avait délaissée un peu pour jouer dans des comédies). Il n'est pas mauvais, il est même assez intéressant, considérant que le scénario ne lui demande pas beaucoup de diversité. Les autres acteurs ne sont presque pas présents, sauf Ben Foster, dans le rôle du méchant, qui présente maladroitement un personnage mal-défini et aux motivations plus que douteuses. En fait, c'est de lui que proviennent la plupart de ces incohérences qui minent le film.

Ce jeune homme – Mars – et ses amis prendront plusieurs décisions difficiles à justifier, la première étant de pénétrer dans la maison, qui font froncer les sourcils de doute et qui peuvent exaspérer si on n'apprécie pas d'avance ce type de film d'action. Mars prendra ensuite plusieurs autres décisions douteuses, que je vous tairai, mais qui mettent sérieusement en doute son intelligence. On l'aurait préféré plus manipulateur, plus intelligent, d'autant qu'on essaie de nous faire croire que trois adolescents peuvent tenir tête à une imposante démonstration de force et de moyens de la police et du FBI.

La réalisation reste bien cernée sur l'essentiel, elle n'innove pas et est parfois un peu lente. Elle n'est pas non plus subtile, elle accentue l'effet de tension sans trop se poser de questions. Au menu : ralentis, musique de circonstance, jeux d'ombre/lumière et Bruce Willis. Contrairement à d'habitude, c'est terriblement efficace, et heureusement, parce que ce n'est rien d'impressionnant.

Le scénario est bien rythmé. Doug Richardson (Die Hard 2), le scénariste, semble avoir saisi qu'on n'a pas le temps de perdre du temps. Les événements s'enchaînent donc, et tout est réglé en un peu moins de deux heures. Aucun temps mort, aucune seconde perdue. On coupera même court les usuelles explications finales, une décision que j'apprécie parce qu'au lieu de nous raconter n'importe quoi, on a préféré rien dire du tout. Une décision d'une grande sagesse en fait.

Les quelques clichés ne nuisent pas trop au bon déroulement du récit, ils sont là pour le supporter, et parce que c'est bien fait et modestement utilisé, ce n'est pas agressant. Lorsque les stéréotypes servent de balises, comme ici, ce n'est pas répréhensible. Tout de même, disons que le passé trouble du méchant et que les uni-dimensionnels policiers auraient gagné à être redéfinis.

Au final, disons que Otages de la peur n'est pas du tout impressionnant mais qu'il a tous les ingrédients pour offrir aux amateurs de bons moments d'action, un héros à admirer et des répliques à mémoriser. Sans réinventer le genre, il faut dire que le moment est agréable à passer.
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Photo Karl Filion

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