Affiche du film  Opération noisettes
© Les Films Séville

Opération noisettes

Version en français
v.o.a. : The Nut Job
16 janvier 2014

Gangnam style

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Il y a de l'argent à faire dans les films d'animation... Et comme la satire et l'humour décalé sont aussi à la mode, nous avons droit à des dindes qui voyagent dans le temps et des écureuils affranchis qui tentent de cambrioler un magasin de noix. Bonne chose ou mauvaise chose, je ne sais pas, mais nous avons au moins droit à une diversité « stimulante » dans le monde de l'animation américaine. On tente désespérément de renverser le règne de Pixar... On n'y arrivera pas, mais comme on dit « l'important, c'est de participer ».

The Nut Job (qui possède tellement d'analogies sexuelles qu'il pourrait être considéré outrant si les enfants ne comprenaient qu'une infime partie du second niveau - vive leur naïveté!) n'est pas aussi rafraîchissant et surprenant que l'a été Free Birds l'automne dernier. Les personnages sont unilatéraux, insipides, mais surtout moins charmants que leurs bouilles sympathiques nous le proposent pourtant. Et quand un film d'animation manque de charme, il risque très fortement de nous ennuyer rapidement, jusqu'à même nous désoler.

L'indépendance du protagoniste, son égoïsme exagéré n'est jamais expliqué en des termes qui nous permettraient de comprendre ses actions ingrates. Le « travail d'équipe » et la collaboration est visiblement la valeur qu'on tente de véhiculer dans ce film, mais comme le personnage principal n'est jamais convaincu que la coopération est une vertu nécessaire, la morale s'avère, invariablement, moins bien appuyée qu'elle aurait dû l'être. Évidemment, l'écureuil free-lance finit par apprécier le coup de main de ses amis, mais « l'équipe » qu'on met si franchement de l'avant (en plaçant le mot stratégiquement dans les dialogues) manque de contexte et d'intentions. Avouons aussi que les morales qu'on nous répète et nous darde avec autant d'évidence et de violence finissent par nous agacer. Il y a des façons beaucoup plus subtiles d'intégrer des sermons dans une production.

Même si dans la bande-annonce, on nous présente presque exclusivement les rongeurs, le film se divise en deux histoires; celle des écureuils qui veuillent piller le magasin de noix et celle d'un groupe de voleurs humains, cachés dans le magasin en question, qui veulent cambrioler la banque d'en face. Même si les deux récits s'imbriquent, ils ne sont pas aussi intéressants l'un que l'autre. On aurait pu croire que les humains représenteraient la portion « adulte » de l'oeuvre et les animaux, celle des enfants (ce qui aurait été un découpage judicieux), mais l'humour et les thématiques ne sont, malheureusement, pas aussi bien définis, créant un fouillis dans lequel on se perd régulièrement.

Le film contient nombre de blagues de premier niveau. Les pets et les rots se succèdent jusqu'à engendrer l'exaspération des parents. Les bambins riront probablement, mais il y a tant de manières de faire rire des enfants qu'il est décevant de voir que le seul procédé que l'on a trouvé, c'est par l'expulsion d'un gaz par un corps.

The Nut Job se veut aussi très figé dans le temps, notamment en raison de son utilisation marquée de la chanson Gangnam style de PSY. Il faut avouer qu'il est très amusant de voir se dandiner un écureuil à la manière du chanteur sud-coréen, mais dans quelques années à peine, cette musique sera oubliée et ce passage - délicieux aujourd'hui - n'aura plus le même impact.

The Nut Job n'est pas complètement désagréable, mais si vous avez un choix à faire entre deux films d'animation, ne choisissez pas celui-là.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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