Affiche du film On ne rigole pas avec le Zohan
© Sony Pictures

On ne rigole pas avec le Zohan

Version en français
v.o.a. : You Don't Mess with the Zohan
6 juin 2008

On rigole semi, finalement

Photo Par Karl Filion
Après avoir défendu les homosexuels (à coup de poings sur la gueule) dans Je vous déclare Chuck et Larry, Adam Sandler propose sa solution au conflit israélo-palestinien : poursuivre ses rêves ou un coiffeur messianique qui unifierait les peuples dans l'amour. Mais des comédies comme celles-ci peuvent être prévisibles, stéréotypées et mêmes scatologiques qu'elles ne rateraient pas leur objectif (qui n'est pas vraiment de changer le monde), pour peu qu'elles soient drôles. Or, les moments inspirés dans On ne rigole pas avec le Zohan sont limités à quelques bonnes blagues imprévisibles et le dynamisme de l'introduction. Adam Sandler a ses légions de fans qui ne seront sans doute pas déçus, mais pour le Messie comme solution descendue du ciel, on risque d'avoir un petit problème.

Zohan est un soldat d'élite de l'armée israélienne. Dévoué à son pays, il ne caresse pas moins pour autant le rêve d'émigrer en Amérique pour devenir coiffeur. Après sa mort simulée, il débarque à New York où il doit travailler dans un salon miteux tenu par une belle Palestinienne et convoité par un propriétaire sans scrupules qui veut transformer le quartier en centre d'achats.

Sandler, lui-même d'origine juive, démontre dans les vingt premières minutes de son film une énergie renouvelée très divertissante. Son Zohan est un combattant d'élite qui n'a absolument aucune limite, qui plaît aux femmes et qui peut même faire quelques blagues. Mais toute cette énergie invraisemblable meurt avec lui et, arrivé à New York, il n'est plus l'ombre de lui-même. Les quelques allusions sexuelles arrachent bien un sourire de malaise une fois ou deux, mais de voir Sandler se frotter sur des vieilles dames devient un peu redondant. D'autant qu'une histoire en filigrane ne risque pas de revigorer le récit, qui s'enlise et s'enlise avec intrigues et personnages secondaires de bien faible envergure. On ne demandera pas à une chanteuse pop de venir sauver le film, quand même.

Sandler est toujours habile à faire ce qui fait - avoir l'air ridicule - et c'est pour cette raison que ses fans risquent d'y trouver leur compte. Mais il a déjà été plus énergique, dans Happy Gilmore ou dans Le porteur d'eau, par exemple. Fidèle à lui-même, il est un acteur comique doué qui est très à l'aise dans l'absurde. Mais absurde ne signifie pas nécessairement imprévisible, et les quelques surprises que nous réserve le film, et il ne s'agit pas ici des quelques caméos attendus, se comptent sur les doigts de la main. La finale, comme il est de coutume chez Sandler, s'éreinte dans une effusion monotone d'amour, de partage, de compréhension et d'unification des peuples. Le problème, c'est que la solution est bien trop simple, même en terre d'Amérique, salvatrice d'un conflit millénaire dont on ne semble pas voir le bout. Mais ses efforts semblent vains, tout comme ceux de Sandler. À la différence que ce dernier en sortira plus riche qui n'y est entré.
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Photo Karl Filion

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