Affiche du film  Numéro quatre
© Walt Disney Pictures Canada

Numéro quatre

Version en français
v.o.a. : I Am Number Four
18 février 2011

Des étrangers au paradis

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

J'ai fait, par le passé, d'abominables commentaires sur la franchise Twilight et l'abrutissement de certaines scènes et dialogues. Je n'avais pas, à l'époque, enviséagé que l'on puisse descendre plus bas encore, jusqu'à prendre sans scrupule l'adolescent pour un débile léger. Numéro quatre utilise les mêmes armes que la saga vampirique - le beau garçon mystérieux aux pouvoirs surnaturels, une idylle passionnée et impossible entre deux amants improbables et des drames adolescents confrontés à des débats planétaires - mais il ne suffit pas de posséder les bons ingrédients, il faut savoir en tirer parti. Bien que les effets spéciaux du film de D.J. Caruso soient d'une qualité incontestable (on est bien loin du loup-garou souffrant de gigantisme de Twilight) et que l'action soit tout de même menée efficacement jusqu'à la fin, on nous lance au visage l'histoire - qui est un amalgame entre la genèse de Super-Man et la fiction qui entourait les personnages de Roswell - de cet extraterrestre au physique enviable comme si on connaissait préalablement l'origine de son mythe. Dans les dix premières minutes on sait qui il est, où il va et pourquoi, le reste n'est que poudre aux yeux des esprits romantiques.

Numéro quatre, alias John Smith, est un jeune garçon originaire d'une planète étrangère qui tente de mener une existence normale sur Terre malgré les créatures qui le poursuivent. Il déménage régulièrement pour ne pas attirer l'attention et entraîner les forces diaboliques sur lui. Après que le troisième de sa race est assassiné brutalement, John et son tuteur sont forcés de quitter la Floride pour l'Ohio. Arrivé sur place, John rencontre Sarah, une jeune femme solitaire dont il tombe amoureux immédiatement. Pour la protéger, il sera forcé de dévoiler ses pouvoirs et lutter au grand jour contre les Mogadorian qui menacent d'envahir la Terre et d'éliminer tous ses habitants.

Malgré son corps d'athlète et son sourire séducteur, Alex Pettyfer n'a pas le charisme nécessaire pour tenir un film sur ses épaules (du moins, il ne nous le démontre guère dans cette oeuvre-ci). Le personnage de sa soupirante, incarné par l'une des actrices de Glee, n'a, quant à lui, aucune raison d'être dans l'action - si ce n'est que pour mousser un insipide romantisme. Et, des propos grotesques semblables à « lorsque nous aimons sur notre planète, c'est pour toujours », ne devraient jamais être employés de manière aussi transparente, le sérieux de l'oeuvre en est grandement affecté.

Les clichés s'empilent à une vitesse difficilement croyable. Je suis prête à assumer que certains axiomes sont immuables - le joueur de foot populaire, le rejet sympathique et la fille qui n'est jamais « comme les autres » - mais pourquoi faut-il que le garçon aux pouvoirs magiques insiste pour fréquenter l'école du quartier, pourquoi faut-il que les méchants tatoués de la tête au pied et munis de branchies traversent les États-Unis sans se faire remarquer par qui que ce soit et, surtout, pourquoi il est si facile d'admettre l'existence d'extraterrestres?

Heureusement, les effets spéciaux et la qualité du suspense de certaines scènes viennent sauver la face du long métrage. Même les monstres (ou les chimères pour employer le dialecte du film) s'affrontent dans une lutte sauvage habilement réalisée. Les aptitudes surnaturelles des différents protagonistes sont également développées et construites avec compétence. Même si les assises du récit promettaient un succès instantané auprès d'un jeune public, le développement de ces dernières suggère plutôt des résultats mitigés. Peut-être que le film saura séduire les adolescents, mais cela exigera un travail d'abstraction et beaucoup d'imagination.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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