Affiche du film  Nom de Code : Novembre
© VVS Films

Nom de code : Novembre

Version en français
v.o.a. : The November Man
25 août 2014

Grosse journée au bureau

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Sans trop de surprise, The November Man est un drame d'espionnage de bas étage. Le film possède les mêmes défauts que Jack Ryan: Shadow Recruit sans en avoir les qualités (qui ne se résumaient probablement qu'aux noms prestigieux de son générique). The November Man fait partie de ces oeuvres interchangeables qui n'ont aucune vision artistique et très très peu d'ambitions. Dès qu'on a eu convaincu Pierce Brosnan d'interpréter le personnage principal, plus de la moitié du travail était fait; il ne restait plus qu'à se fier à ses années d'expérience et à son influence d'ancien James Bond pour donner prestance et teneur à la production (c'est du moins ce que cette feuille de chou nous laisse croire). Malheureusement, Brosnan a déjà eu de meilleures années. Les retombées financières associées à son nom ne se comptent plus par millions comme jadis.

The November Man mélange l'espionnage, la politique, l'action, la romance, le drame familial, la vengeance, et tout ça dans un amalgame inconséquent. On passe d'un style à l'autre, d'un thème à l'autre, sans se soucier véritablement de la cohérence globale. Le nombre de personnages secondaires est aussi déraisonnable. Certains d'entre eux ne sont présentés qu'en surface. La voisine au chat pour qui le jeune protagoniste finit par tout risquer est un bon exemple de ces personnages jetables. Dès qu'on a plus besoin d'elle, que la période de tension est terminée et qu'on a suffisamment craint pour sa survie, on s'en débarrasse, puis on passe à un autre bouffon, toujours très typé (comme le méchant Russe, principal allié d'un phallocrate américain) et plutôt imbécile.

Comme il arrive souvent dans ce genre de suspense mal orchestré, les personnages - en plus d'être trop nombreux - prennent des décisions absurdes. Même si je n'ai pas de formation d'agent secret, si l'un d'entre eux me demandait, pour ma sécurité, d'utiliser uniquement de l'argent liquide, et de ne pas me servir de ma carte de crédit en aucun cas, j'écouterais ses recommandations et ne l'insèrerais pas dans un ordinateur afin d'écrire le récit de ma vie alors que j'ai du temps à tuer à la gare, mais peut-être suis-je trop raisonnable pour être un personnage de drames d'espionnage...

Les incohérences ne cessent de se multiplier. Un espion tireur d'élite de la CIA qui ne se rend pas compte qu'un de ses collègues kidnappe sa copine alors qu'elle dort à ses côtés dans son lit après avoir pris soin de retirer chacune des armes qu'il gardait précieusement dans les tiroirs de sa chambre, en est un particulièrement mauvais. Les cascades et les scènes de tension s'avèrent, elles aussi, souvent ridicules, ce qui nous empêche de « croire » à cette histoire.

The November Man n'est pas complètement abrutissant (certaines séquences ont suffisamment de rythme pour nous faire oublier leur stupidité), mais certainement insatisfaisant. Il manque ici beaucoup de substances pour qu'on puisse considérer ce film comme d'un divertissement adéquat. Les paysages européens n'apportent pas suffisamment d'exotisme pour compenser le manque de structure et l'illogisme de certaines scènes. The November Man est un film anodin qu'on oubliera avant même la fin de l'été, comme nous l'avons fait avec Jack Ryan : quelque chose...

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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