Affiche du film  Noël chez les Coopers
© Les Films Séville

Noël chez les Coopers

Version en français
v.o.a. : Love The Coopers
12 novembre 2015

Ruiner la magie de Noël

Photo Par Martin Gignac

Que serait la période de Noël sans ses films? Entre ses chefs-d'oeuvre (Fanny & Alexandre), ses classiques cultes (Le père Noël est une ordure) et ses plaisirs coupables (Bad Santa), il y a amplement de quoi satisfaire les cinéphiles. Mais les années passent et les références se font rares. Love the Coopers tente de remettre cette tradition à l'ordre du jour et s'il aimerait être le Love Actually de sa génération, il ressemble plutôt à un New Year's Eve du 24 décembre.

C'est la veille de Noël et quatre générations de la famille Cooper s'affairent toute la journée avant de manger un bon souper ensemble. Bien sûr, il ne sera question que d'amour et de jalousie, de drames et d'une peur d'avoir raté son existence.

Ces petites histoires se déroulent chacune dans leur coin. Il y a les parents (John Goodman et Diane Keaton) qui passent leur temps à se disputer, le grand-père (Alan Arkin) qui ne veut pas perdre sa serveuse favorite (Amanda Seyfried), un fils (Ed Helms) qui délaisse ses enfants pour se trouver du boulot, une fille (Olivia Wilde) qui est incapable d'aimer et une tante (Marisa Tomei) qui se fait arrêter pour vol.

Des microrécits qui n'ont aucun intérêt tant l'écriture est digne de celle d'un enfant de trois ans. La distribution de grande qualité - il y a même la toujours hilarante June Squibb (la matriarche de Nebraska) qui revient faire son numéro - ne sert à rien puisque les personnages n'ont ni consistance ni vraisemblance. Le chèque de paye devait être élevé pour avoir réuni autant de prodigieux acteurs au même endroit.

La débâcle du scénario n'est pas étrangère à ce navrant navet. Steven Rogers n'a jamais impressionné grand monde avec Stepmom, P.S. I Love You et Kate & Leopold et il s'avère encore plus fade que d'habitude avec ce bouillon de mots et de sentiments à deux sous. Chaque dialogue sert à expliquer et à faire la morale, ce qui finit grandement par énerver. Cette obsession de toujours rappeler les souvenirs passés est lassante, surtout lorsqu'elle survient chez un gardien que l'on ne voit qu'à une seule occasion dans le film! Une fois que tout le monde se retrouve à la maison, le spectateur espère que le long métrage se ressaisisse et qu'il se transforme en une sorte de Conte de Noël américain. Oh que non! Tout devient encore plus sirupeux et affligeant, se terminant d'une façon tout simplement atroce. Il y avait pourtant un certain potentiel caché quelque part sous cette médiocrité et qui fait écho au grandiose City Lights de Chaplin ainsi qu'à l'inoubliable It's a Wonderful Life de Capra.

Ce serait pourtant injuste et odieux de simplement accuser le scénariste. La cinéaste Jessie Nelson (I am Sam, Corrina, Corrina) a également son mot à dire dans ce spectaculaire ratage et ses choix de mise en scène sont rarement digestes. Pourquoi toujours reposer sur une voix hors champ de Steve Martin si ce n'est pas pour mieux exploiter son immense talent comique? Qu'est-ce qui peut bien expliquer sa fascination à filmer autant de chien? Et sa caméra qui suit inlassablement les yeux d'Olivia Wilde relève pratiquement du harcèlement.

Pour se dégoûter de Noël à jamais, il n'y a rien de mieux que Love the Coopers. Non seulement il s'agit d'un des pires films de l'année, mais c'est toujours consternant de voir d'excellents comédiens jouer terriblement faux. En espérant l'avoir oublié au moment du réveillon. Mauvais comme il est, ce ne sera pas évident...

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Photo Martin Gignac

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