Affiche du film  Mooonrise Kingdom
© Les Films Séville

Moonrise Kingdom

Version en français
v.o.a. : Moonrise Kingdom
v.o.a.s.-t.f. : Moonrise Kingdom
15 juin 2012

Quand on n'a que l'amour

Photo Par Karl Filion

Un de mes anciens professeurs, aujourd'hui délégué artistique du Festival du film d'animation d'Annecy, disait qu'un bon réalisateur abordait plusieurs idées récurrentes dans son oeuvre, et qu'un grand réalisateur n'en abordait, au fond, qu'une seule. Ce qui nous amène à Wes Anderson.

Quand on n'a que l'amour

Le réalisateur américain, sans doute l'un des meneurs du cinéma indie présentement, a de nombreuses obsessions qui ressortent une nouvelle fois dans ce septième long métrage. Dans ce nouveau film, qui retrouve le charme vintage, la chaleur humaine et les déclinaisons de la thématique de l'enfance de ses films précédents, Anderson confronte à nouveau la jeunesse au monde des adultes (ou l'inverse). Et comme on le devine, cette rencontre fait des étincelles, des petits moments de génie inspirés et émouvants, qui s'amalgament pour former un tout qui peut être à la fois drôle, déstabilisant et émouvant.

À s'offrir en partage
Au jour du grand voyage
Qu'est notre grand amour

Une grande partie du charme découle de l'aspect inédit de l'histoire de ces deux enfants qui fuguent pour se retrouver et faire vivre leur amour, pendant que les adultes autour d'eux détruisent le leur. Responsables et intelligents, ils profitent pleinement du « traitement » Anderson, qui dynamise leur aventure. Joli, tout est joli; l'émerveillement de la découverte amoureuse et la simplicité de la conception enfantine de la vie d'adulte, tout autant que la caméra impliquée, « narrative », du réalisateur et l'utilisation charmante de la musique et de clins d'oeil culturels. Quelques moments moins inspirés dans un camp scout viennent en fin de course ralentir un peu le superbe rythme qu'on avait construit jusqu'alors.

Quand on n'a que l'amour
Mon amour toi et moi
Pour qu'éclatent de joie
Chaque heure et chaque jour

Une scène magnifique entre les enfants dans une baie, où leur amour éclot, est le point d'orgue de l'exercice d'Anderson, qui, au fond, a toujours abordé des personnages d'enfants. Enfants-adultes, enfants-rois, enfants amoureux. Ils sont si beaux, si purs, que les personnages adultes et leurs tribulations perdent grandement en intérêt, tant et si bien que Swinton, Murray et McDormand, aussi compétents soient-ils, ne convainquent pas entièrement. Leurs personnages semblent délaissés, tout simplement, secondaires, en quelque sorte. Edward Norton et Bruce Willis s'en tirent mieux parce que - surprise! - ils ont à interagir avec les enfants, mais sinon, on ressent davantage de maîtrise dans les scènes mettant en vedette les deux magnifiques jeunes acteurs principaux.

Quand on n'a que l'amour
Pour vivre nos promesses
Sans nulle autre richesse
Que d'y croire toujours

La charmante poésie de Wes Anderson convient parfaitement à ce récit. Aucun autre réalisateur n'aurait pu porter à l'écran avec autant d'inspiration cette histoire en particulier. Pas celle de deux enfants qui s'aiment, non, chaque réalisateur a sans doute la sienne; non non, cette histoire-ci, avec ses obsessions, ses détails, son univers. L'univers de Wes Anderson, qu'on apprend à chaque film à aimer davantage.

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Photo Karl Filion

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