Affiche du film Monica la mitraille
© Alliance Atlantis Vivafilm

Monica la Mitraille

Version originale en français
v.a. : Machine Gun Molly
v.o.f.s.-t.a. : Monica la Mitraille
20 juillet 2005

Monique vise à côté

Photo Par Karl Filion
Dans cette adaptation cinématographique d'un mythe urbain qui est partie intégrante de l'histoire québécoise, le réalisateur Pierre Houle offre un mélange fade et sans saveur d'un mélodrame au goût du jour.

Disons-le d'emblée, le résultat de plusieurs millions de dollars de budget laisse un goût terriblement amer dans la bouche, était-ce vraiment nécessaire?

Pas que les acteurs soient mauvais, malgré que… En fait quelques noms seulement tirent leur épingle du jeu : Céline Bonnier, bien sûr, en une Monique Sparvieri souvent juste, constamment tourmentée mais toujours crédible, Marc Labrèche, dans le rôle du père, peu présent mais qui crève à chaque fois l'écran, et Mario Jean tout à fait à l'aise. Patrick Huard est étonnement juste, attirant fréquemment sur lui les projecteurs. Malheureusement, Isabelle Blais campe le stéréotype parfait d'une fille prisonnière d'un homme violent, et l'on était en droit d'attendre beaucoup plus de sa part, tandis que Roy Dupuis, encore lui, reste monotone sans être mauvais.

Si le réalisateur choisit délibérément de centrer les péripéties du film sur la vie personnelle et intime de Monica, c'est dans le but évident de la rendre touchante, de la faire prendre en pitié par le public déjà conquis par « une femme qui fait ce qu'il faut pour survivre ». Certes, c'est possible, mais il n'en demeure pas moins qu'en choisissant cette linéarité émotive, le film a l'allure d'une publicité électorale allongée qui se perd franchement dans plusieurs longueurs et répétitions. Regrettable, car cette histoire aurait pu être intéressante; si l'on ne prenait pas systématiquement parti dans chaque film biographique que l'on produit mondialement peut-être conserveraient-ils un peu de crédibilité.

Dommage aussi parce que plusieurs moments, comme l'incendie, comme Monique en pleurs dans sa voiture, sonnent terriblement faux, ont des allures de téléfilm, et que la tendance contemporaine au manque de subtilité flagrant laisse perplexe et fait grogner silencieusement n'importe quel spectateur concerné par le développement intelligent de l'émotion. Dommage que cet aspect soit négligé. Néanmoins, certains moments font sourire, d'autres émeuvent, et c'est déjà un bel effort pour un réalisateur qui en est à son premier film.
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Photo Karl Filion

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