Affiche du film  Mission Noël
© Sony Pictures

Mission Noël

Version en français
v.o.a. : Arthur Christmas
24 novembre 2011

Noël version 2.0

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Déjà, simplement pour renouveler le film d'animation du temps des Fêtes, les créateurs doivent avoir un concept fantastique pour attirer l'attention de leur public, qui en a vu d'autres. Malheureusement, Arthur Christmas n'épate jamais comme tant de classiques ont su le faire par le passé. Le long métrage de la compagnie Sony Pictures Animation remâche quelques vieilles idées qui ont fait leurs preuves; les petits personnages attachants (les lutins, dans le cas présent), le héros mal-aimé pourvu d'une bonté inégalée, des jeux de mots et des métaphores en rapport avec les célébrations de Noël et une morale invitante et attendue. L'idée principale - qui nous laisse entendre que la technologie et les gadgets modernes ont envahi le monde entier, même le repère du Père-Noël - n'est pas complètement futile, mais manque irrémédiablement de contenu pour donner au film des allures (visiblement désirées) d'un Mission Impossible ou d'un James Bond.

Arthur Christmas sera bien davantage apprécié par les enfants que par leurs parents. Cette aura de bonheur, cette ambiance cabotine et cet esprit des fêtes qu'on nous balance au visage sans subtilité, risque de déranger les adultes bien plus que les émerveiller comme ils le devraient. Certains détails - comme l'inscription sur le sol de la salle de commande : « In Santa We Trust » - ou particularité du texte décrocheront peut-être quelques sourires discrets aux parents, mais rien pour faire d'Arthur Christmas un incontournable. Le studio qui nous a donné Cloudy with a Chance of Meatballs (une oeuvre originale et une surprise de l'année 2009) manque cette fois sa cible en tentant de raconter à nouveau comment le Père Noël fait pour livrer tous les cadeaux à tous les enfants du monde en une nuit seulement. Comme Shrek ou Hoodwinked l'avaient fait, on tente ici de revisiter un conte populaire en le saupoudrant d'un peu de dérision et de modernisme. Malheureusement pour Sony, la parodie - ou la contorsion - est un art et ce n'est pas tous les créateurs qui ont la capacité de transformer une histoire avec intelligence et pertinence.

Les qualités techniques de l'oeuvre sont (encore une fois) indéniables. Les particularités physiques de chacun des personnages transmettent, sans un mot, leur personnalité respective et imputent au film une individualité visuelle agréable. Mais, comme c'est le cas avec toutes les autres productions cinématographiques d'animation ces deux dernières années, le 3D n'apporte rien au film et finit même par lui nuire en assombrissant inutilement l'image du début à la fin. Les promenades en traîneau à travers les étoiles et la poussière magique étaient pourtant des éléments s'annexant parfaitement avec l'intérêt immersif de la troisième dimension. Seulement, comme toujours, on finit par oublier son existence et les 3 $ supplémentaires que nous avons dépensés pour une technologie incomplète.

Arthur Christmas, même s'il a la capacité de charmer les petits avec ses airs entraînants et ses personnages flamboyants, saura inévitablement enseveli sous la masse de films que nous propose le temps des Fêtes. Mais comme l'enfant est un enfant, préparez-vous parents de ce monde à l'écouter encore et encore en plein été lorsqu'il sortira en DVD.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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