Affiche du film  Miroir, miroir
© Alliance Vivafilm

Miroir, Miroir

Version en français
v.o.a. : Mirror, Mirror
30 mars 2012

Une pomme pourrie

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Il est évident que je ne suis pas le public-cible de ce film. En ce sens, ma critique paraîtra peut-être pour plusieurs exagérée et irascible, mais d'un point de vue purement adulte et rationnel, Mirror, Mirror est un film d'un ennui et d'une insignifiance difficilement égalable qui ne peut qu'exaspérer les plus romantiques et rêveurs d'entre nous. Même ceux qui ont gardé leur coeur d'enfants (qu'on sollicite souvent lorsqu'il est question d'un long métrage moins adapté aux parents qu'à leur progéniture) sauront indubitablement déçus ici.

Il est ardu de répertorier tous les clichés que renferme ce film puisqu'il est, en soi, un cliché. Les bonnes morales de confiance en soi et de travail d'équipe (qu'on nous répète allègrement et textuellement), les coïncidences aberrantes que l'on se donne à peine le trouble de cacher (Blanche-Neige frappe une branche et s'évanouit devant la porte du repère des sept nains, non mais quelle chance!), le langage soigné qui discorde avec la légèreté du récit et ses ambitions récréatives et des clins d'oeil à l'oeuvre originale qui ne font que nous rappeler l'abrutissement de l'adaptation, ne sont que quelques exemples de l'inconséquence de cette production, - malheureusement - tournée à Montréal (que des Québécois soient affiliés à ce projet n'est pas nécessairement une bonne chose dans le cas présent).

En voulant faire des corrélations loufoques avec l'histoire des frères Grimm, les scénaristes ont annexé au récit des situations absurdes et des caractéristiques risibles aux différents personnages. Que les nains soient des voleurs sur des échasses, que la Reine se fait des masques de beauté avec des excréments de moineaux, que le serviteur se transforme en coquerelle et se plaigne d'avoir été violé par une sauterelle, que la Reine ait décrétée une loi pour bannir les laiderons du village, ou ces centaines de références idiotes et de manipulations grotesques - que l'on ne peut pas toutes énumérer parce que cette critique serait interminable - empêche le film de s'élever au niveau du divertissement acceptable et l'accule à la position de catastrophe cinématographique.

Lorsqu'on est Julia Roberts, j'imagine qu'on n'est pas nécessairement obligé d'accepter un rôle minable pour combler ses fins de mois, alors quelqu'un peut m'expliquer ce que cette femme de talent fait au générique de cette production fantasque et consternante? Peut-être - et je dis bien peut-être - peut-on voir ce film comme un divertissement pour enfants, à l'image d'un Toc Toc Toc ou d'une énième aventure d'Arthur, mais c'est une dépense fort déraisonnable pour une si minime vocation.

Il faut tout de même leur donner que les costumes sont magnifiques (les robes, grandioses, provoqueront sûrement l'envie de bien des fillettes) et les décors intérieurs, colorés et imposants. Dès qu'on sort à l'extérieur par contre, le réalisme en mange un coup. La forêt enchantée ne peut difficilement être plus cloisonnée et artificielle et le village aussi restreint, feint.

Mirror, Mirror déçoit à peu près sur tous les points; narrativement, esthétiquement, techniquement, dramatiquement. Quand le seul aspect positif d'un long métrage est la qualité de ses costumes, on doit inévitablement se questionner sur la pertinence de sa création, sur les raisons qui ont poussé toute une équipe à s'investir dans un tel projet boiteux. Mais, à défaut de me répéter; pas le public-cible.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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