Affiche du film Millénium 2
© Alliance Vivafilm

Millénium 2

Version en français
v.o.suéd.s.-t.f. : Millénium 2
v.a. : The Girl Who Played with Fire
23 décembre 2009

Enquête bâclée

Photo Par Karl Filion

Millénium a apparemment sa légion de fans, qui ont répondu fortement à la sortie du premier film il y a quelques mois. Enchantés par la performance de Noomi Rapace dans le rôle de Lisbeth Salander, ils avaient bien raison de se réjouir. Cette fois-ci cependant, les choses sont bien différentes. De nombreuses failles flagrantes de logique interne viennent grandement nuire au plaisir qu'on devrait autrement éprouver en visionnant le film. Un plaisir bien réel dans le premier film, mais qui est ici grandement affecté, voire diminué, par une réalisation télévisuelle. Rien contre la télévision, cela dit, cependant, la preuve est encore faite que ce qui est conçu pour la télé doit y rester, et qu'inversement, ce qui est conçu pour le cinéma y est bien mieux servi.

Lisbeth Salander est de retour de ses longues vacances à l'étranger. Recherchée par la police à cause de trois assassinats liés à la publication imminente d'un article sur la prostitution, elle mène une enquête de son côté. Mikael Blomkvist essaie de l'aider, mais n'arrive pas à entrer en contact avec elle. Il confronte certains des clients du réseau, ce qui le met sur la piste de Zala, un mystérieux personnage qui cache plusieurs secrets et qui semble profondément impliqué.

La complicité qui liait si fortement les deux personnages principaux est ici complètement délaissée au profit d'une enquête frisant l'absurdité. La gestion à l'interne de la revue Millénium est défaillante, et il semble assez logique que, quand un collègue est assassiné à cause d'un article, on n'aille pas mettre sa vie en danger pour le publier et qu'on remette les preuves à la police. Déjà, toute la trame de Millénium 2 perd grandement de sa valeur puisqu'elle n'a aucun sens. Elle n'existerait pas si les personnages étaient moindrement intelligents et qu'ils prenaient des décisions sensées. Alors pourquoi raconter cette histoire?

D'autant que les choses ne s'arrangent pas au fur et à mesure que le film avance. On veut bien supposer que la « brute monstrueuse » a une maladie génétique qui lui permet de ne pas ressentir la douleur - cela fait partie de la logique interne du film - mais il est tout à fait absurde que son corps ne ressente pas les chocs électriques auxquels il est soumis. Sans cette digression, le film s'effondre. Il est également tout à fait ridicule qu'un personnage, qui vient d'être attaqué, ne réveille pas son garde du corps et se dirige, lui-même et armé, vers la source du bruit. C'est complètement idiot, et on sent les manipulations narratives obscènes qui visent à faire avancer le récit, qui s'arrêterait sinon sur-le-champ. Des détails vous dites? Au contraire, c'est là toute l'essence du cinéma que de convaincre du bien-fondé de ce monde limité par les cadres d'un écran et qui demande à ce qu'on lui offre de son temps et éventuellement de son argent. C'est du travail bâclé que de se fier simplement à la chance ou de fermer les yeux en disant que le public lui aussi passera par-dessus. Mais pourquoi le ferait-il?

Si les comédiens sont bons, on ne le saura jamais; on est trop occupé à essayer de se convaincre que toutes ces absurdités visent un objectif plus global, mais on le cherche en vain. Une déception sur toute la ligne que ce long et éreintant Millénium 2, qui atteint des sommets de ridicule et d'imbécillité rarement vus. Les personnages sont des idiots et ils prennent systématiquement des décisions douteuses; comment s'intéresser à leur destin?

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Photo Karl Filion

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