Affiche du film  Mes héros
© Niagara Films

Mes héros

Version originale en français
13 mars 2013

Tous les jours Noël

Photo Par Elizabeth Lepage-Boily

Mes héros est un film plutôt anonyme; histoire conventionnelle, réalisation discrète, thématiques classiques. Il n'y a que les acteurs - surtout Josiane Balasko pour être plus exacte - qui donnent un vent de fraîcheur et une singularité bienvenue à l'oeuvre d'Éric Besnard. La comédienne est tellement convaincante dans le rôle d'Olga, cette mère et femme particulièrement intense qui est écoeurée par le monde dans lequel elle vit et est bien décidée à faire sa part pour le changer, que, même si elle devrait nous excéder par sa fougue et son caractère explosif, elle parvient à charmer le public dès ses premières crises de colère, souvent illégitimes.

Gérard Jugnot est aussi fort habile dans le rôle de Jacques, le mari de cette femme imprévisible, qui, après avoir été victime d'une crise cardiaque, est maintenant surveillé avec beaucoup plus d'acuité par sa charmante épouse. À noter aussi la performance remarquable de Pierre Richard sous les traits du meilleur ami de Jacques qui l'amène à faire les quatre cents coups comme lorsqu'ils n'étaient que des adolescents invincibles. L'aspect humoristique de l'oeuvre provient principalement de la rencontre entre ces deux personnages déphasés. Si nous avions pu éviter les blagues de pets et de pipi sur la pelouse peut-être que le film aurait été moins simpliste, mais le caractère comique (stéréotypé ou pas) apporte définitivement une authenticité au film français.

L'existence convenue de ces vieillards reclus à la campagne est bouleversée le jour où Olga décide de prendre sous son toit un jeune garçon dont la mère a été arrêtée par les forces policières françaises en raison de l'expiration de son permis de travail. Comme la place qu'on accorde à cette portion du récit reste assez limitée, plutôt superficielle, on en vient à se demander si elle était nécessaire. L'histoire de ce petit garçon et celle de sa famille, victime d'injustices sociales, est peut-être intéressante à raconter, voire nécessaire, mais au sein de cette narration qui se veut d'abord familiale, leurs péripéties se révèlent plutôt inutiles.

Autobiographique ou pas, Mes héros est une oeuvre très personnelle, tant dans la manière dont le sujet est traité - la relation mère-enfant, femme-époux - que de son point de vue objectif, qui ne laisse que très peu de place à une interprétation différente de celle que l'on nous souffle d'emblée. La caméra nous permet d'entrer dans l'intimité de ce couple, dans celle de leur fils, et de constater la force de leurs liens malgré les apparences différentes.

Bien qu'il y ait certaines idées bien trouvées - comme de décorer la maison pour plaire à l'enfant pauvre qui aime Noël ou l'obsession du mari pour les lampes (?!) -, Mes héros est généralement plutôt formaliste. Heureusement, le personnage et la performance de Balasko (ça vaut la peine de le mentionner à nouveau) sauvent la mise. L'actrice parvient même à élever ce film anodin - et avous-le, assez ennuyant - au rang de production honnête et de divertissement satisfaisant.

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Photo Elizabeth Lepage-Boily

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