Affiche du film  Méchants patrons
© Warner Bros. Canada

Méchants patrons

Version en français
v.o.a. : Horrible Bosses
8 juillet 2011

Ne rien laisser au hasard

Photo Par Karl Filion

Qu'est-ce qui fait le succès d'une comédie? La fraîcheur des gags, l'imprévisibilité des idées... quelque chose qui se rapproche de l'inédit, d'une nouveauté. On rit rarement d'une blague dont on connaît le punch... Mais à une époque où on a l'impression que toutes les blagues ont déjà été faites par quelqu'un d'autre, comment faire pour se renouveler? Il faut repousser les limites, que ce soit du bon goût ou de la morale, pour proposer des rires inédits. Et malgré ses prémisses convenues (ou peut-être « à cause de »), Horrible Bosses parvient à être imprévisible.

Parce que sa véritable nouveauté, ce n'est pas réellement de trouver de « nouvelles » blagues, mais bien de les emmener ailleurs, par exemple en poussant l'imbécilité de ses personnages jusqu'à ce que l'un d'entre eux sauve « accidentellement » la vie de l'homme qu'ils veulent assassiner. Renverser une grande quantité de cocaïne, ce n'est pas très créatif comme humour, et pourtant ce qu'en fait Horrible Bosses parvient à étonner et à faire rire. Idem avec la blague de la femme enceinte qui n'est pas vraiment enceinte... Et la candeur de ces wannabe criminels est hilarante aussi.

Le film prend d'ailleurs tout son temps pour installer les personnages et les situations, illustrant avec humour et grâce à de grandes performances d'acteurs (on n'a jamais autant détesté viscéralement Kevin Spacey) et le squelette de sa logique interne. Jason Bateman, Jason Sudeikis et Charlie Day sont tous efficaces et Jennifer Aniston va littéralement trop loin dans la vulgarité. Que ce soit le personnage féminin qui soit le plus vulgaire du groupe, ce n'est pas anodin... En introduction, on met en place, on explique les relations interpersonnelles, ce qui cause quelques petites longueurs mais qui permettra ensuite de conclure dans un feu roulant de blagues et de revirements.

Même si leur plan est un peu tiré par les cheveux, les personnages demeurent crédibles parce qu'ils prennent des décisions qui, à défaut d'être toujours très brillantes, sont cohérentes. On n'a donc pas besoin de se demander pourquoi ils agissent ainsi, ni s'il ne s'agirait pas d'une manoeuvre du scénariste pour faire fonctionner son histoire. Ça l'est probablement, ne nous méprenons pas, mais c'est si bien fait qu'on peut y adhérer et simplement s'amuser.

Horrible Bosses est donc l'exemple parfait de la comédie réussie; sans doute la meilleure de l'année jusqu'à maintenant. Les acteurs sont parfaits, le scénario suffisamment cohérent pour plaire et l'humour minutieusement construit sur une auto-référentialité (le criminel qui a filmé dans une salle de cinéma...) maîtrisée. On traite la comédie comme quelque chose de sérieux, cela ne la rend que plus amusante encore; pas (ou peu) de raccourcis et un peu de créativité, c'est tout ce qu'il fallait.

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Photo Karl Filion

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